Ousmane Sonko veut encadrer les fonds politiques et cite 1,77 milliard FCFA à la Primature

Entre maintien des fonds politiques et exigence de contrôle, Ousmane Sonko a de nouveau pris position vendredi devant les députés. Le Premier ministre a déclaré à l’Assemblée nationale qu’il ne demandait pas la suppression de ces ressources, mais leur encadrement par des mécanismes de vérification de leur usage.

Répondant aux questions d’actualité, il a présenté cette ligne comme un engagement ancien de Pastef. Selon Lactuacho, dans le compte rendu de l’APS, il rappelle que cette orientation figurait déjà dans les textes politiques du parti dès 2014, avant d’être reprise dans les programmes présidentiels de 2019 puis de 2024 au sein de la coalition Diomaye Président. Devant les parlementaires, il a insisté sur un principe qu’il dit constant : aucun argent public ne doit être dépensé sans contrôle.

Un débat relancé à l’Assemblée

Ousmane Sonko a aussi donné un chiffre sur les moyens dont dispose la Primature. Il a indiqué bénéficier lui-même de fonds politiques évalués à près de 1 milliard 770 millions de francs CFA, en précisant que sa position ne visait pas une personne en particulier. Il a toutefois reconnu un désaccord avec le président Bassirou Diomaye Faye, qui avait récemment défendu le maintien de ces fonds pour couvrir des charges jugées sensibles, notamment en matière de sécurité, de renseignement et d’engagements diplomatiques de l’Etat.

Le chef du gouvernement a, dans le même échange, invoqué des exemples étrangers pour soutenir sa thèse d’un contrôle institutionnel. Il a cité le cas de la France, où des fonds spéciaux seraient suivis par une commission dédiée. Son intervention intervient alors que la question a déjà pris une tournure parlementaire : le député Guy Marius Sagna avait annoncé, le 23 mars 2026, le dépôt imminent d’une proposition de loi portée par le groupe parlementaire PASTEF Les Patriotes pour encadrer les fonds politiques et renforcer la redevabilité dans l’utilisation des deniers publics.

Ousmane Sonko a enfin indiqué avoir discuté avec le chef de l’Etat après l’initiative parlementaire de Guy Marius Sagna, en estimant qu’une saisine du Parlement sur ce dossier constituerait un revers politique pour le régime.

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