Sidy Bâ plaide pour la combinaison halophytes-agroécologie afin de restaurer les terres salinisées

La salinisation gagne du terrain dans le centre du Sénégal, menaçant les cultures dans les régions de Fatick, Kaffrine et Kaolack. Sidy Bâ, président du Conseil régional de concertations et de coopération des ruraux (CRCR) de Kaolack, tire la sonnette d’alarme. Il appelle à des actions urgentes pour restaurer les terres agricoles dégradées.

« Une bonne partie des terres du Sine Saloum est détériorée par l’avancée du sel, mettant en péril la pratique des activités agricoles », explique-t-il. Le phénomène touche de nombreuses localités, et les fleuves Sine et Saloum sont désormais très salés. Face à cette situation, certains agriculteurs abandonnent l’agriculture pour se tourner vers la production de sel.

Digues anti-sel et approches innovantes

Sidy Bâ plaide pour la construction de digues anti-sel dans le bras de mer du Sine, dans la région de Fatick, comme cela avait été fait dans les années 1960. Une approche similaire a déjà fait ses preuves à Coubalan, dans le département de Bignona. La digue anti-sel qui y a été érigée a permis de récupérer près de 550 hectares de terres agricoles, impactant directement 350 ménages.

Le président du CRCR préconise également le recours à des plantes halophytes, capables de tolérer le sel, combinées à des pratiques agroécologiques innovantes. Des discussions sont en cours avec l’Agence nationale de conseil agricole et rural (ANCAR), l’Institut national de pédologie (INP) et les directions régionales de développement rural (DRDR) pour trouver des solutions durables.

Par ailleurs, l’Institut sénégalais de recherche agricole (ISRA) a déjà identifié des semences résistantes à la salinité, une avancée qui pourrait compléter ces efforts de restauration des sols. Sidy Bâ a livré ces propos dans un entretien à l’APS.

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Un commentaire

  1. Ils ne sont bons qu’à une chose : sonner l’alarme pour réclamer des financements.
    Cela fait pourtant des années que le problème est connu. Je me souviens avoir travaillé sur des terres déjà à moitié contaminées par le sel à Mbouldiamé, dans le delta du fleuve Saloum, près de Sokone. L’ISRA (Institut Sénégalais de Recherches Agricoles) dispose pourtant de variétés hybrides résistantes au sel, parfaitement adaptées aux sols salins.
    Plutôt que d’attendre, les populations locales doivent apprendre à construire de petits barrages anti-sel, capables de freiner efficacement la remontée de la salinité vers l’intérieur des terres cultivables.

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