Dans une démarche visant à sécuriser la prochaine saison de moisson 2026, les acteurs du secteur agricole se sont réunis ce jeudi à Kaolack pour définir les nouvelles orientations stratégiques de la riziculture locale. Sous l’égide du Programme agricole Italie/Sénégal (PAIS), en collaboration avec le ministère de l’Agriculture et l’Institut sénégalais de Recherche Agricole (ISRA), cette rencontre a permis de valider des choix techniques décisifs pour l’avenir de la production dans le bassin arachidier. Au cœur des échanges : l’identification scientifique des semences capables de résister aux conditions extrêmes.
L’évaluation de la campagne de production 2025 a servi de base de travail pour orienter les décisions futures. L’objectif principal de cette concertation était de mesurer l’efficacité de l’accompagnement fourni aux riziculteurs, notamment concernant la reproduction des semences pré-base. Ces intrants, mis à la disposition des producteurs pour être convertis en semences de base puis en R1, constituent le maillon essentiel de la chaîne de valeur avant leur diffusion sur le marché national.
**Une réponse ciblée face à la salinité et au climat**
Selon les conclusions rapportées par Sud Quotidien, l’ISRA et ses partenaires ont officiellement porté leur choix sur la variété « ISRIZ 12 ». Cette semence est désormais considérée comme la meilleure option de riz de plateau pour répondre aux défis posés par les changements climatiques. Sa sélection repose sur sa capacité de résilience et son adaptation spécifique à la salinité des sols, un problème récurrent qui freine les rendements dans la région.
Les recherches menées en amont par l’Institut ont permis d’associer à cette variété principale d’autres types de semences, notamment la « Sahel 108 », le « NERICA 4 » et le « WAR ». C’est précisément cette dernière variété, le « WAR », qui a retenu l’attention des chercheurs pour ses performances exceptionnelles en milieu hostile.
**Des rendements records en zone difficile**
Les données techniques révèlent que la variété « WAR », lorsqu’elle est combinée à certaines matières organiques, offre une tolérance au sel particulièrement élevée. Dans les zones à forte concentration saline, cette combinaison a permis d’atteindre des rendements records oscillant entre cinq et sept tonnes à l’hectare. Ces résultats, qualifiés de très favorables par les chercheurs, confirment le potentiel de ces solutions agronomiques pour inverser la tendance dans les périmètres souvent délaissés à cause de la qualité des sols.
L’évaluation par échantillonnage renforce cet optimisme technique. Sur un groupe témoin de dix producteurs suivis durant la saison précédente par l’ISRA et le PAIS, six ont réussi à obtenir une production satisfaisante tant en qualité qu’en quantité. Au-delà de l’aspect purement agricole, la rencontre a permis d’aborder la question cruciale de la commercialisation. Le programme PAIS prévoit de collaborer avec le service départemental de développement rural (SDDR) pour connecter directement les producteurs aux spéculateurs présents sur le marché, garantissant ainsi l’écoulement des stocks et l’amélioration des revenus des exploitants.