Sidi Ould Tah veut réorganiser 4 000 milliards d’épargne africaine pour combler un déficit de 400 milliards

Comment financer le développement du continent alors que l’Afrique affiche à la fois un besoin annuel de 400 milliards de dollars et une épargne estimée à 4 000 milliards de dollars ? Élu à la présidence de la Banque africaine de développement le 29 mai 2025, Sidi Ould Tah met en avant la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement, la NAFAD, pour revoir l’allocation des ressources sur le continent.

Le président de la BAD doit présider à Brazzaville, au Congo, ses premières assemblées annuelles du 25 au 29 mai 2026. Plus de 3 000 participants issus des 81 pays membres y sont annoncés autour du financement du développement africain dans un monde fragmenté. Dans ce cadre, Sidi Ould Tah défend, selon Africa24tv et selon Sidi Ould Tah, une refonte d’un système qu’il juge « inadéquat et inadapté ».

L’argument avancé repose sur deux déséquilibres. Le premier tient au poids très limité des institutions africaines de financement du développement, alors même que le continent en compte le plus grand nombre dans le monde : leurs actifs ne représentent qu’un pour cent du total mondial. Le second concerne la mobilisation de l’épargne. Sidi Ould Tah affirme que l’Afrique dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne à moyen et long terme, mais que cette masse financière n’est pas orientée vers les besoins de développement, évalués à 400 milliards de dollars par an.

La NAFAD est présentée comme un cadre de coordination pour mieux organiser les capitaux et les risques dans l’écosystème financier africain. Le 9 avril à Abidjan, une rencontre consacrée à l’infrastructure financière, à la mobilisation des ressources et à leur déploiement a débouché sur l’adoption du « Consensus d’Abidjan », cité comme une étape dans cette démarche.

Le constat dressé par le président de la BAD s’appuie aussi sur d’autres indicateurs. Malgré son niveau d’épargne intérieure, l’Afrique n’attire qu’1 % des capitaux institutionnels mondiaux et 4 % des investissements directs étrangers. Sidi Ould Tah a aussi indiqué que 3 millions d’emplois formels sont créés chaque année, alors que 12 à 15 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail. Il a enfin évalué entre 40 et 50 milliards de dollars par an le déficit de garanties et d’assurances qu’il considère comme un frein majeur aux investissements transformateurs.

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