À l’approche de la fin de leur accord-cadre actuel, les grandes institutions financières opérant sur le continent réévaluent leurs stratégies d’intervention. Au-delà des simples annonces d’intention, une réunion de haut niveau a permis de fixer les nouveaux volumes d’investissement nécessaires pour transformer les priorités de développement en réalisations concrètes sur le terrain.
Le partenariat entre le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et l’Agence française de développement (AFD) franchit un nouveau cap financier. Selon les données communiquées par Agence Afrique, les deux institutions ont confirmé la mobilisation d’une enveloppe globale de 2,4 milliards d’euros. Cette somme est spécifiquement fléchée vers des projets structurants en Afrique, ciblant en priorité les secteurs de l’énergie, de l’agriculture, de l’eau et de la création d’emplois.
Cette annonce intervient alors que l’accord de partenariat 2021-2026 arrive bientôt à son terme. Les délégations des deux entités se sont réunies ce mercredi 28 janvier pour s’assurer que les fonds promis ne restent pas bloqués dans les circuits administratifs. Nnenna Nwabufo, vice-présidente du Groupe de la BAD, a insisté sur l’urgence opérationnelle : l’objectif est de réduire drastiquement le délai entre la conception d’un projet (le « pipeline ») et sa mise en œuvre effective.
« Nous disposons d’un solide pipeline d’opportunités. En nous concentrant davantage sur quelques secteurs à fort impact et en passant plus rapidement du stade de projet dans le pipeline à celui de la mise en œuvre, nous pouvons accroître considérablement notre impact commun au profit des populations africaines », a précisé la responsable de l’institution panafricaine.
Du côté français, la dynamique est similaire. Adama Mariko, Directeur exécutif de l’AFD, a indiqué que ces échanges ont permis d’explorer de nouvelles pistes, notamment l’adaptation à la « Nouvelle architecture financière africaine ». Au-delà des montants engagés, cette coopération renforcée passera par des échanges de personnel et une coordination accrue entre les équipes régionales, une nécessité alors que l’insécurité alimentaire menace des millions de personnes en Afrique de l’Ouest.