Seulement 11 % de l’amélioration de l’état de santé des Sénégalais est imputable au système de soins, tandis que 89 % dépend des déterminants sociaux, environnementaux et comportementaux (selon l’étude de situation présentée par le ministère de la Santé). C’est sur ce constat que le gouvernement a lancé, mercredi 22 juillet, le Plan national de prévention et de promotion de la santé (PNPPS) 2026-2030, aligné sur l’Agenda « Sénégal 2050 », a rapporté Seneweb. L’orientation répond à une instruction du président Bassirou Diomaye Faye.
Le fardeau épidémiologique est lourd : les maladies non transmissibles représentent 53 % des décès, avec une hausse de l’hypertension, du diabète et des cancers. La santé mentale inquiète aussi : 36,6 % de la population souffre de dépression et 13 % a déjà eu des idées suicidaires. La pollution pèse lourdement : 73 % des Sénégalais sont exposés à l’air extérieur pollué, et 65,6 % subissent la pollution intérieure due au bois et au charbon. Malgré des progrès, les maladies transmissibles persistent, avec près de 3 000 nouveaux cas de VIH et plus de 16 000 cas de tuberculose en 2024.
Face à ces défis, le ministère entend mobiliser tous les secteurs. « La prévention ne sera pas seulement l’affaire du ministère de la Santé. Ce sera une approche multisectorielle impliquant l’éducation, l’environnement, les collectivités territoriales et le secteur privé », a déclaré le secrétaire général Leroux Dramé. Ce plan s’insère dans une dynamique de réformes : le 30 juin 2026, le ministre Ibrahima Sy a lancé l’actualisation du COMPACT Santé pour regrouper financements et projets, et en mars 2026, la Banque mondiale a approuvé 135 millions de dollars pour le programme NAATANGUE 2030. Le PNPPS marque une étape supplémentaire vers un système préventif, sans délaisser le curatif.
Leroux Dramé a appelé à une appropriation collective. « Il ne faut pas que cela soit un plan de plus. C’est une affaire de tous », a-t-il insisté. L’étude rappelle que 73 % de la population est exposée à la pollution de l’air extérieur, un facteur de risque majeur que la prévention peut réduire.
