L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) dresse un tableau contrasté du marché du travail au quatrième trimestre 2025. Si l’activité reste soutenue, les disparités persistent, notamment au détriment des jeunes, des femmes et du monde rural.
Avec un taux d’activité de 55,5%, le Sénégal enregistre une participation notable à la vie économique. Toutefois, cette dynamique ne se traduit pas pleinement en emplois, puisque seulement 39,1% de la population en âge de travailler est effectivement occupée.
« Le marché du travail sénégalais demeure marqué par un décalage entre participation et accès réel à l’emploi. »
Le taux de chômage atteint 23,3% (au sens élargi), en hausse sur un an, traduisant des difficultés persistantes d’insertion professionnelle. Cette situation est particulièrement préoccupante chez les jeunes : 33,5% d’entre eux sont NEET, c’est-à-dire ni en emploi, ni en éducation, ni en formation.
« Un jeune sur trois reste en marge du système productif, ce qui constitue un défi majeur pour les politiques publiques. »
L’enquête met également en lumière de fortes inégalités structurelles. Les femmes affichent des taux d’activité nettement inférieurs à ceux des hommes, tandis que les zones rurales cumulent davantage de vulnérabilités.
« Les femmes et les populations rurales restent les plus exposées au chômage et à la précarité. »
Sur le plan sectoriel, l’économie sénégalaise reste dominée par le tertiaire (60%), avec une forte présence de l’emploi indépendant (54,5%), signe d’un tissu économique encore largement informel. Le salariat progresse néanmoins, atteignant 40,6%.
« La prédominance du travail indépendant reflète à la fois une capacité d’adaptation et les limites du secteur formel. »
En somme, malgré une certaine vitalité, le marché de l’emploi sénégalais reste confronté à des défis structurels majeurs : création d’emplois décents, et réduction des inégalités.