Sénégal : le SRI est promu comme levier technique pour la souveraineté alimentaire

« Produire ce qu’il consomme » : cette orientation guide la politique sénégalaise de souveraineté alimentaire. Le Système de riziculture intensive (SRI) est présenté comme un outil pour améliorer les rendements de riz et mieux utiliser l’eau et les semences.

Le 8 septembre 2026, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Bâ, a placé la recherche et l’innovation agricoles au centre de cette démarche. Le SRI fait partie des techniques étudiées ou promues dans le pays.

Cette approche repose sur la mise en terre de plants plus jeunes, un espacement plus large entre les plants, une alternance entre humidification et assèchement des parcelles ainsi qu’un désherbage mécanique régulier. Elle vise à favoriser le développement des racines et à aérer le sol (Capmad).

Au Sénégal, les autorités agricoles associent cette méthode à une possible hausse des rendements et à une baisse de la consommation d’eau et d’intrants. Elle est ainsi envisagée pour les périmètres irrigués soumis à des contraintes foncières et hydriques.

La promotion du SRI pour la souveraineté alimentaire du Sénégal intervient dans un contexte de dépendance aux importations. Les dix principaux produits alimentaires importés représentaient environ 1 070 milliards de FCFA en 2022, parmi lesquels le riz, le blé, les huiles et les sucres.

Le riz occupe une place particulière dans cette politique en raison de son poids dans la consommation des ménages et de l’importance de la vallée du fleuve Sénégal. L’exécutif veut notamment faciliter les accords entre producteurs, riziers, importateurs et commerçants afin d’absorber toute la production locale de la vallée.

Cette orientation s’inscrit dans la Stratégie de souveraineté alimentaire du Sénégal 2025-2034. Celle-ci prévoit notamment de réduire les pertes après production à moins de 20 %. Le ministère met aussi en avant le rôle de l’Institut sénégalais de recherche agricole (ISRA) pour transformer les innovations en solutions utilisables par les exploitations.

En juillet 2026, le président Bassirou Diomaye Faye avait appelé à un pacte national de souveraineté alimentaire fondé sur la science, une gouvernance concertée et la participation des producteurs, des chercheurs, de l’État et du secteur privé. Cet appel intervient alors que le recul des filières scientifiques dans l’éducation alerte sur le renouvellement des compétences nécessaires à la recherche et à l’innovation agricoles. La diffusion de techniques comme le SRI dépend donc aussi de la capacité du pays à former durablement des chercheurs, des techniciens et des producteurs capables de les adapter aux réalités des exploitations.

Pour la campagne agricole, le gouvernement a déjà déployé 1 000 Volontaires Agricoles chargés notamment de l’enrôlement numérique des producteurs et du suivi des activités agricoles.

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