Une session de renforcement de capacités dédiée aux techniques agricoles et à l’entrepreneuriat se tient actuellement au Centre national de recherches agronomiques (CNRA) de Bambey. Si l’initiative vise à outiller une cinquantaine de jeunes dans le cadre d’un programme régional, elle a surtout été l’occasion pour la direction du centre de dévoiler une mesure structurelle destinée à accompagner les bénéficiaires bien après la remise des attestations.
Depuis le 26 janvier et jusqu’au 30, le CNRA de Bambey vit au rythme de l’innovation agricole. Cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre du Projet 4, baptisé DIANGA 2, une composante de la stratégie régionale de la CEDEAO pour l’employabilité des jeunes. L’objectif affiché par l’instance sous-régionale et l’État du Sénégal est de répondre à la problématique de l’insertion professionnelle dans le secteur agrosylvopastoral.
Coordonné par le Centre d’excellence sur les céréales sèches et cultures associées, ce programme mobilise une synergie d’acteurs majeurs dont l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), l’ISFAR, l’ENSA et l’ITA. Selon nos informations, la cohorte actuelle est composée de cinquante participants, âgés de 35 ans au maximum, avec une représentativité féminine fixée à 40 %.
Quatre axes de formation et un module de gestion
Le contenu pédagogique, rapporté par Sud Quotidien, couvre des domaines techniques précis pour diversifier les compétences rurales. Le Dr Amy Bodian, chercheuse à l’ISRA, détaille les modules dispensés : « Il s’agit de la panification et de la pâtisserie à base de céréales locales, l’alimentation animale et la production de viande, les techniques de production de semences et les techniques de production de compost ».
Au-delà de l’aspect purement agronomique, la formation intègre une dimension managériale indispensable à la viabilité économique des projets. Un module spécifique sur le plan d’affaires a été intégré pour aider les jeunes à structurer leur démarche entrepreneuriale. « On espère que ces 50 jeunes vont entreprendre et vont pouvoir recruter d’autres jeunes », précise le Dr Bodian, évoquant de futures mises en relation avec des structures de financement comme la DER/FJ ou le FONGIP.
Vers la mise en place d’un incubateur
C’est pour pallier les limites habituelles des formations ponctuelles que le directeur du CNRA de Bambey a fait une annonce significative. Bassirou Sine a pris l’engagement formel d’instaurer un incubateur au sein de la structure. Ce dispositif vise à compléter la formation académique par un accompagnement pratique, renforçant ainsi l’opérationnalité des jeunes et sécurisant leur insertion durable dans le tissu économique.
Pour le Dr Abdoulaye Badiane, spécialiste en sciences du sol à l’ISRA, cette approche offre une double perspective : permettre aux participants de développer leurs propres activités tout en générant, par effet de levier, de nouveaux emplois au sein de leurs futures entreprises.