Au Sénégal, après la déclaration de politique générale présentée le 8 septembre devant l’Assemblée nationale, le parti majoritaire a appelé à un dialogue loyal avec le président Bassirou Diomaye Faye. Cette initiative intervient alors que des divergences se manifestent au sein de la majorité au pouvoir et que le chef de l’État doit désormais démontrer sa capacité à maintenir une ligne politique claire.
La formation politique souhaite un échange direct et constructif avec le chef de l’État. Elle estime que ce cadre doit aider à clarifier les orientations de la majorité et à préserver la cohésion nécessaire à la mise en œuvre des réformes annoncées. Bassirou Diomaye Faye avait déjà remplacé la traditionnelle Journée du dialogue national par une consultation directe et resserrée avec de hautes personnalités. Pour Thierno Bocoum, l’enjeu central réside désormais dans la capacité politique du président à transformer ces consultations en décisions concrètes.
La démarche intervient aussi dans un contexte de tensions entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, dirigeant de Pastef et figure centrale de la majorité. Ousmane Sonko a été limogé de ses fonctions de Premier ministre le 22 mai 2026. Le FNDR, dirigé par Alpha Thiam et membre de la coalition Diomaye Président, a salué cette décision comme un acte courageux du chef de l’État. Cette rupture place toutefois la majorité face à la nécessité de préserver sa cohésion politique au moment où elle doit défendre ses orientations devant le pays.
Les éléments économiques de cette séquence ont été rapportés par Reuters et Kessiya. Le gouvernement doit par ailleurs faire face à d’importants arriérés de paiement et travailler au rétablissement des équilibres budgétaires. Le Sénégal doit apurer environ 3,5 milliards de dollars d’arriérés et prévoit un reprofilage de sa dette.
Un accord de principe avec le Fonds monétaire international porte sur un programme de financement de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Dans ce contexte, la clarification des rapports de force au sein de la majorité ne relève pas seulement de l’équilibre institutionnel : elle conditionne aussi la capacité de l’exécutif à conduire les mesures financières et les réformes annoncées.
