Les besoins bruts de financement du Sénégal devraient atteindre environ 25 % du PIB en 2026. Depuis le début de l’année, l’État a déjà levé l’équivalent d’environ 8 % du PIB sur le marché régional.
Le 28 août 2026, Moody’s a abaissé la note souveraine du Sénégal de Caa1 à Caa2, avec une perspective négative. Cette décision traduit une perception accrue des risques liés à la dette, au refinancement et à la capacité du pays à couvrir ses besoins financiers dans les prochaines années.
La crise est sérieuse, mais elle peut ouvrir un débat sur le mode de financement du développement. Pendant plusieurs années, les infrastructures, les déficits et les besoins budgétaires ont principalement été financés par l’emprunt. Ce modèle devient fragile lorsque la croissance ralentit, que la dette augmente et que le coût du capital progresse.
Dans cette réflexion, EMedia met en avant une question centrale : comment construire une économie qui génère davantage de capital et dépend moins de nouveaux emprunts ? La souveraineté financière du Sénégal passerait alors par une meilleure mobilisation de ses ressources propres.
Le rôle du FMI et du capital de long terme
Le Fonds monétaire international peut contribuer à la stabilisation macroéconomique, au rétablissement d’une trajectoire budgétaire soutenable et au renforcement de la gouvernance. Il ne peut toutefois pas élaborer seul le modèle de développement du pays ni fournir, à lui seul, le capital de long terme nécessaire aux investissements.
Le Sénégal dispose d’un patrimoine économique composé notamment de participations publiques, d’entreprises, d’infrastructures, de concessions, de terrains, de ressources naturelles et d’institutions financières. Le pays peut aussi compter sur une population jeune, une diaspora importante, un secteur privé en recherche d’opportunités et une position géographique entre l’Afrique de l’Ouest, l’Europe et les Amériques.
L’enjeu consiste à déterminer combien de capital ces actifs peuvent mobiliser. Une gestion rigoureuse pourrait améliorer la valeur des participations publiques, attirer des investisseurs institutionnels, développer des partenariats public-privé, mobiliser l’épargne nationale et capter davantage les ressources de la diaspora.
Un fonds national ou un renforcement du FONSIS
La réflexion évoque la création d’un Fonds national d’investissement doté d’une gouvernance professionnelle et indépendante. Cet instrument regrouperait et gérerait certains actifs stratégiques de l’État dans une perspective de long terme.
Une autre option consisterait à renforcer le FONSIS, qui existe déjà et dont le travail est salué par de nombreux spécialistes. L’objectif serait de transformer des actifs publics en capital productif, de faciliter l’accès aux marchés de capitaux et de financer des investissements plutôt que les dépenses courantes.
Le FONSIS existe déjà et son travail est salué par de nombreux spécialistes.
