Le Sénégal reste sans programme soutenu par le Fonds monétaire international après deux semaines de discussions entre la mission de l’institution et les autorités nationales.
Conduite par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission pour le Sénégal, l’équipe du FMI était présente à Dakar depuis le 19 août. Elle quitte la capitale ce mardi 1er septembre 2026. La mission avait pour objectif de poursuivre les échanges sur un éventuel nouveau programme.
Un programme toujours en discussion
L’absence de programme fait suite à la suspension de l’accord précédent, après les conclusions de la Cour des comptes concernant de fausses déclarations budgétaires. Elle prive l’État d’un appui financier et du signal de crédibilité associé à un accord avec le Fonds auprès des créanciers et des investisseurs.
Cette situation pèse déjà sur les conditions de financement du pays. Moody’s a dégradé la note du Sénégal de Caa1 à Caa2, avec une perspective négative, en citant notamment l’absence de programme avec le FMI et des besoins de financement estimés à environ 25 % du PIB.
Pour préserver sa liquidité avant l’arrivée éventuelle du FMI, le Sénégal a par ailleurs payé par anticipation un coupon de 53,75 millions d’euros sur une obligation arrivant à échéance en 2037 et 38,8 millions de dollars sur une obligation 2031.
Le calendrier coïncide avec la préparation du budget 2027. Le gouvernement affiche comme priorités la poursuite de la réduction du déficit et l’amélioration de la mobilisation des recettes. Lors de sa mission de juin 2026, le FMI avait relevé la croissance de 6,7 % en 2025 et la baisse du déficit, passé de 13,4 % à 6,4 % du PIB. Ces progrès restent toutefois confrontés à l’ampleur des besoins de financement et aux inquiétudes sur la dette.
La fin du séjour des experts ne vaut pas conclusion des négociations. Une déclaration doit présenter les points d’accord et les questions restant ouvertes. Comme l’écrit leral, un éventuel accord au niveau des services devra ensuite être soumis au conseil d’administration du FMI, à Washington.
Le recours au marché régional se poursuit
En l’absence de nouveau programme, le Sénégal continue de se financer sur le marché régional des titres publics de l’UEMOA. Le pays prévoit d’y mobiliser 487 milliards de francs CFA au troisième trimestre, alors que la dégradation de sa note et le poids de ses besoins de financement compliquent l’accès aux ressources.
