Le ratio dette/PIB du Sénégal a atteint 118,8 % fin 2024, bien au-dessus des 74,4 % annoncés auparavant. Cette transparence, intervenue après l’arrivée au pouvoir du tandem Bassirou Diomaye Faye-Ousmane Sonko en 2024, a entraîné une dégradation de la note souveraine du pays. Le 25 juin, la directrice de la communication du FMI, Julie Kozack, a déclaré que le Sénégal devrait faire réaliser un audit de sa dette par une entreprise privée internationale.
Pourtant, l’État sénégalais a déjà confié au cabinet Forvis Mazars la mission d’auditer les dettes révélées par la Cour des Comptes en février 2025. Depuis plus d’un an, l’Initiative pour un audit citoyen de la dette — qui regroupe le FRAPP, le CADTM, LEGS AFRICA, des centrales syndicales ainsi que des experts comme le Dr Ndongo Samba Sylla et Abdoulaye Seck — réclame la création d’un comité d’audit national. Dans une tribune relayée par Rewmi, elle dénonce le retard du FMI et son souhait de confier l’audit à une multinationale étrangère, alors que le Sénégal dispose de magistrats, d’économistes et d’experts-comptables compétents. Des lettres ont été adressées à la Présidence, à la Primature et à l’Assemblée nationale, sans réponse.
Le nouveau Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, nommé en mai 2026, a personnellement accompagné le Sénégal dans ses négociations avec le FMI et ses émissions d’eurobonds. Son expérience est cruciale alors que le nouveau programme avec l’institution n’est toujours pas signé. Julie Kozack a précisé, le 26 juin, que l’objectif est de « parvenir à une compréhension commune des perspectives macroéconomiques, des besoins de financement et des priorités de réforme ». Les discussions techniques se poursuivent entre Dakar et le FMI.

