Sénégal : Ahmadou Al Aminou Lô attendu sur la dette et la vie chère

Le Premier ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Lô doit présenter sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale, avec la dette publique et la hausse du coût de la vie parmi les principaux sujets attendus.

Nommé le 25 mai, le chef du gouvernement doit exposer les orientations de son équipe et détailler les réponses envisagées face aux difficultés économiques et sociales. La mobilisation sur le pouvoir d’achat s’est notamment exprimée samedi à Dakar, où des centaines de personnes ont protesté contre l’augmentation des prix. Cette contestation se poursuit également sur les réseaux sociaux.

La déclaration de politique générale au Sénégal doit permettre de préciser les mesures que l’exécutif entend prendre pour limiter l’impact de l’inflation sur les ménages. Comme l’écrit Lebrief, le gouvernement est aussi attendu sur les priorités économiques à retenir au cours des prochains mois.

La dette au centre des attentes

Les finances publiques constituent l’autre dossier majeur. La dette est évaluée à environ 132 % du produit intérieur brut, tandis que Dakar discute avec ses créanciers d’un réaménagement du poids du service de la dette. Une mission du FMI avait constaté un ratio dette/PIB de 118,8 % à la fin de 2024, un niveau qui place les eurobonds et le soutien du Fonds au cœur des discussions sur la soutenabilité financière du pays.

Le Premier ministre devrait également évoquer l’accord de principe conclu pour un financement de plus de deux milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international. Ahmadou Al Aminou Lô connaît directement ces négociations : ancien cadre de la BCEAO et diplômé du Prytanée militaire de Saint-Louis, il a personnellement accompagné le Sénégal dans ses échanges avec le FMI, ses émissions d’eurobonds et ses discussions avec les agences de notation. L’utilisation de ces ressources et les mesures d’assainissement budgétaire qui leur sont associées figurent parmi les interrogations adressées au gouvernement.

L’enjeu dépasse le seul cadre budgétaire national. Le président Bassirou Diomaye Faye a échangé avec la directrice générale du FMI sur des mécanismes d’échange de dette afin d’éviter un défaut de paiement. Un tel scénario constituerait un choc potentiel pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, ce qui renforce la pression exercée sur le gouvernement à l’approche de cette déclaration.

Après l’exposé, un débat parlementaire est prévu. Ahmadou Al Aminou Lô pourra ensuite demander un vote de confiance, dans un hémicycle dominé par le Pastef, formation associée à Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale.

La déclaration devrait durer plus d’une heure.

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