La région du Golfe traverse une nouvelle zone de turbulences à la suite des récentes frappes américano-israéliennes contre l’Iran. En réaction, Téhéran a déclenché une série de tirs balistiques à travers la péninsule arabique. Au Qatar, la nuit a été marquée par une intense activité des systèmes de défense antiaérienne, poussant les autorités à dresser le bilan matériel et humain de ces interceptions.
Selon les informations diffusées par Al Jazeera, le bouclier antimissile qatari a été sollicité face à une offensive de grande envergure. Le général de brigade Abdullah Khalifa Al-Muftah, directeur des relations publiques au ministère de l’Intérieur, a précisé lors d’une intervention télévisée que 66 missiles ont visé le pays. La destruction de ces projectiles en vol a entraîné la chute de fragments dans plusieurs zones. Les autorités ont recensé 114 signalements de débris à travers le territoire national, causant des blessures à huit personnes, dont l’une se trouve dans un état grave.
Face à cette situation, le ministère de l’Intérieur a déclenché une alerte d’urgence. Des consignes strictes ont été communiquées à la population, appelant les résidents à rester à l’intérieur, à s’éloigner des sites militaires et à ne manipuler aucun débris non identifié. De son côté, le ministère de la Défense a confirmé avoir intercepté avec succès une seconde vague d’attaques ciblées, assurant que l’intégralité des missiles a été neutralisée avant d’atteindre le sol qatari.
Sur le plan diplomatique, la réaction de Doha a été immédiate. Le ministère des Affaires étrangères a fermement condamné ces tirs de missiles balistiques iraniens. Ibrahim Sultan Al-Hashemi, responsable des relations publiques du ministère, a qualifié cette offensive d’acte « imprudent et irresponsable », constituant une violation flagrante de la souveraineté du pays et contrevenant aux principes de bon voisinage. Tout en exigeant l’arrêt immédiat de l’escalade, le Qatar a indiqué se réserver le droit de riposter conformément au droit international.
Ces événements viennent perturber le quotidien des habitants en cette période de Ramadan, rythmée par les sirènes d’alerte. Comme documenté par notre rédaction, ces tirs s’inscrivent dans une stratégie de riposte iranienne assumée, ciblant plusieurs pays de la région abritant des intérêts ou des installations militaires américaines. L’agence Reuters indique que le Koweït, les Émirats arabes unis, Bahreïn ainsi que la Jordanie ont également procédé à des interceptions similaires. Ce n’est pas la première fois que le territoire qatari est concerné par ces tensions : en juin 2025, la base aérienne d’Al Udeid, située près de Doha et abritant des forces américaines, avait déjà été visée par des missiles iraniens.