Suite aux récentes opérations militaires menées par les États-Unis et Israël sur le territoire iranien, qui ont fait au moins 201 morts selon le Croissant-Rouge local, la République islamique a répliqué en visant des cibles américaines et israéliennes réparties dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Face à cette escalade, le ministère iranien des Affaires étrangères a détaillé les fondements juridiques de sa riposte et exposé les conséquences diplomatiques immédiates de cette crise.
Lors d’un entretien accordé à la chaîne Al Jazeera ce samedi, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baghaei, a fermement défendu les tirs de missiles effectués par les forces armées de son pays. Selon les données communiquées, cette riposte balistique de l’Iran visant les bases américaines et israéliennes a touché des installations situées à Bahreïn, en Irak, en Jordanie, au Koweït, en Arabie Saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis.
Pour justifier cette extension géographique, le responsable iranien s’est appuyé sur le droit international. « Tout lieu, tout emplacement, tout soutien logistique accordé à l’agresseur constitue une cible légitime pour l’État victime », a-t-il précisé à Al Jazeera. Il a toutefois souligné que Téhéran maintient des relations amicales avec ces États voisins, qualifiant ces tirs de mesures strictement défensives destinées à protéger la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Iran en vertu de la Charte des Nations Unies.
Au-delà de l’aspect militaire, les frappes essuyées par l’Iran — qualifiées d’« opérations de combat majeures » par le président américain Donald Trump — ont brutalement interrompu un processus diplomatique de premier plan. Esmaeil Baghaei a en effet révélé que le troisième cycle de négociations indirectes entre Washington et Téhéran sur le programme nucléaire iranien s’était achevé vendredi sur une note positive.
Les délégations devaient se retrouver dès ce lundi pour aborder les aspects techniques d’un éventuel accord. Le médiateur de ces pourparlers, le ministre des Affaires étrangères d’Oman, avait d’ailleurs fait état de progrès significatifs. Le porte-parole a rappelé qu’il s’agit de la deuxième fois en moins d’un an qu’une dynamique diplomatique est anéantie par une offensive militaire, faisant référence aux événements de juin dernier lors desquels les États-Unis s’étaient brièvement joints à une opération israélienne contre l’Iran.
La diplomatie iranienne estime que l’action militaire enclenchée par les États-Unis contre un autre membre des Nations Unies ne menace pas uniquement la sécurité régionale, mais remet en cause l’essence même du droit international et le système normatif encadrant le recours à la force.