Revue Presse : Justice et politique, le duo qui n’a jamais besoin de répétition

Les sujets se rapportant à la politique, à la justice et à la gouvernance sont les plus en vue dans la livraison de mercredi de la presse quotidienne reçue à l’APS.
Enquête, par exemple, revient sur les manifestations et violences politiques enregistrées au Sénégal entre 2021 et 2024 au Sénégal et dont le bilan peine à être déterminé précisément. Des journalistes et scientifiques font état de 65 victimes identifiées, alors que l’Etat parle de 79 à 81 morts.
“Face à l’inertie de l’Etat qui n’avait pas jugé nécessaire de faire le bilan des personnes tuées lors [de ces manifestations], un collectif d’une quarantaine de journalistes et scientifiques s’était mobilisé pour documenter l’ensemble des victimes de la répression policière […]”, écrit le journal.
Le bilan définitif établi par ce collectif “fait état de 65 morts, contre 81 dans la base de données du comité en charge de l’assistance”, ajoute Enquête. “A quel nombre se fier ?”, se demande Source A, quand dans le même temps, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie décompte 79 décès.
“Faux, semble lui rétorquer un consortium de journalistes, de cartographes et de scientifiques de données dénommé ‘CartiograFreeSeengal’ qui a dénombré 65 victimes dont 51 par balles”, relève la même publication.
Plusieurs journaux annoncent que l’opposant et ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, a renouvelé sa plainte à la section de recherches de la gendarmerie nationale, concernant l’incendie du siège de Taxawu Sénégal, la coalition dont il est le leader.
Khalifa Sall dénonce “une inégalité devant la justice”
“C’est une voix blessée en quête d’une justice ‘équitable’ qui s’est élevée. Quatre mois après l’incendie de son siège sis à Sacré-Cœur [Dakar], lors des dernières législatives très mouvementées, Khalifa Sall, leader de Tawawu Sénégal”, annonce avoir renouvelé sa plainte.
“A travers sa page Facebook, renseigne L’Observateur, il a dénoncé les lenteurs de l’enquête concernant ce dossier” et “n’a pas manqué de déplorer une ‘inégalité devant la justice’, en faisant remarquer que certains dossiers judiciaires avancent à une vitesse fulgurante lorsqu’ils concernent des opposants ou des activistes, au moment où celui de l’incendie de son siège dort toujours dans les tiroirs”.
L’ancien maire de Dakar “relance la justice”, “exige le traitement de sa plainte”, rapporte Le Quotidien, Le leader de Taxawu Sénégal “dénonce une iniquité dans le traitement de sa plainte”, insiste L’As, avant de rappeler les faits relatifs à cette affaire.
Des individus non identifiés avaient attaqué le siège de Taxawu Sénégal, “causant beaucoup de dommages matériels”. “Quatre mois après, ajoute L’As, Khalifa Sall a exprimé sa désolation par rapport à la lenteur notée dans le traitement de son dossier”.
“Khalifa charge Diomaye et Sonko”, affiche à ce sujet le quotidien L’info, avant d’ajouter que l’ancien maire de Dakar “est remonté contre les autorités, suite à l’incarcération de l’activiste Assane Diouf, déplorant que ce sont ceux avec qui il se battait hier, qui aujourd’hui ‘le réduisent au silence’, alors que son seul tort est pour lui, d’avoir ‘osé penser librement’”.
Khalifa Sall “dénonce une justice sélective”, renchérit Walfquotidien, qui revient également sur la relation quelque peu heurtée entre le député Thierno Alassane Sall et l’ancienne Première ministre Aminata Touré. Le journal parle même de “guerre” entre ces deux figures qui avaient partagé le même bord politique du temps de l’ancien président Macky Sall.
“Après Pastef [le parti au pouvoir], Thierno Alassane Sall se frotte à Aminata Touré”, désormais haut représentant du président de la République sous Bassirou Diomaye Faye, après avoir occupé les fonctions de Première ministre et d’envoyée spéciale du chef de l’Etat du temps du prédécesseur de ce dernier.
Thierno Alassane Sall-Aminata Touré, “Games of Thrones”
Walfquotidien précise que Mme Touré a servi une citation directe à Thierno Alassane Sall et une autre à un responsable du parti dirigé par le député, “qui l’aurait accusé d’être impliqué dans un détournement de près de 2 milliards de francs CFA”. “Un amour-haine sur fond de vieilles rivalités”, soutient Enquête à propos de cette affaire.
“Dans l’arène politique sénégalaise, Thierno Alassane Sall et Aminata Touré dite Mimi Touré incarnent deux figures marquantes aux trajectoires tantôt parallèles, tantôt opposées. Leur relation, faite de collaborations, de divergences et de rivalités, ressemble à un véritable ‘Games of Thrones’ politique où les alliances se font et se défont au gré des circonstances”, analyse Enquête.
Le quotidien 24 Heures, sur le même sujet, se fait l’écho de le ferme interpellation de l’ancienne Première ministre s’adressant au député : “Renoncez à votre immunité et affrontez la justice”.
Sud Quotidien met en exergue les “maladresses et dérives langagières” de ministres siégeant actuellement dans le gouvernement, des attitudes qui “tranchent d’avec la rupture tant attendue”. Le journal semble se désoler, à propos, que les régimes “se suivent et se ressemblent avec leur lot de dérives langagières et autres maladresses”.
Le quotidien Yoor-Yoor évoque à sa une un cas de “spoliation foncière” à Kounthiaw, un village du département de Tambacounda (est), où des figures sénégalaises bien connues, politiciens, journaliste et homme d’affaires, se sont partagé 100 hectares, affirme le journal.
Si l’on en croit Le Soleil, la culture du blé est plein de promesse dans le nord du pays. “Dans la vallée du fleuve Sénégal, rapporte le journal, des variétés de blé homologuées par l’ISRA sont expérimentées dans les champs-écoles”.
Tribune et Le Quotidien signalent une fuite de gaz sur la plateforme du gisement Grand Tortue/Ahmeyin (GTA) que le Sénégal et la Mauritanie exploitent conjointement à leur frontière. “Inquiétude sans fond en Mauritanie”, peut-on lire à ce sujet à la une du Quotidien.