Des milliers de voyageurs se sont rués sur les moteurs de recherche pour des vacances au Cap-Vert, dans les jours qui ont suivi les matchs de l’équipe nationale face à l’Espagne et à l’Argentine lors de la Coupe du monde. Selon la plateforme Trip.com, les requêtes ont bondi de plus de 5 000 %, tandis que les réservations de vols augmentaient de 76 % et celles des hôtels de 46 %.
Ce petit archipel de 4 000 km² vient de gagner en une semaine ce que des années de promotion touristique n’avaient pas obtenu. Une leçon que le Sénégal, fort de ses récents triomphes sportifs, pourrait méditer, comme l’a récemment souligné Senenews. Vainqueur de la CAN 2021 et 2025, le pays a offert à ses Lions des parades populaires, mais n’a pas encore su transformer cette liesse en flux touristiques durables.
Un précédent rwandais chiffré à 650 millions de dollars
Le Rwanda a montré la voie en signant en 2018 un partenariat de sponsoring avec Arsenal FC, puis avec le PSG, le Bayern Munich et d’autres. En 2024, le pays a accueilli 1,3 million de visiteurs pour 650 millions de dollars de recettes, soit une hausse de 47 % depuis le début de la collaboration. Le Sénégal, avec ses joueurs évoluant dans les plus grands clubs européens, dispose d’une visibilité comparable.
En janvier 2026, Doudou Gnagna Diop, PCA de la SAPCO, plaidait déjà pour faire du sport un moteur de relance du tourisme et de l’économie. Il évoquait les Jeux olympiques de la jeunesse à venir comme une occasion à saisir. En mai, le président Diomaye Faye a reçu la directrice de NBA Africa pour structurer un partenariat, avec un accord en cours de finalisation via l’APIX.
Au-delà du football, le Sénégal recèle d’autres pépites sportives. La lutte sénégalaise, avec son esthétique mystique et ses combats à plus de 100 millions de FCFA, pourrait devenir un produit d’appel touristique si elle était diffusée à l’international. De même, l’île de Ngor, spot de surf mythique depuis le film The Endless Summer en 1966, reste un atout ignoré.
Un accord avec l’APIX, en cours de finalisation, doit justement structurer l’ambition de transformer le sport en industrie rentable.
