Comment faire des semences adaptées aux réalités climatiques un levier de production à l’échelle du Sénégal ? Le projet VACS, consacré à l’amélioration des cultures et des sols, ouvre cette perspective après trois années d’activités.
Mis en œuvre dans douze régions, notamment à Thiès, Kaffrine, Kaolack, Fatick, Ziguinchor et Sédhiou, le dispositif a permis de travailler sur des variétés améliorées de mil, de niébé, d’arachide et de sorgho. Le directeur de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) de Bambey, Bassirou Sine, estime que le projet pourrait être reproduit à l’échelle nationale.
Selon le chercheur, les variétés développées s’adaptent à leurs zones de culture. Le projet a également rapproché la recherche, les entreprises semencières et les coopératives de producteurs, tout en formant des agriculteurs appelés à servir de relais. Les partenaires ont produit, au cours des trois ans, des dizaines de tonnes de semences, proposées à un coût jugé accessible aux producteurs.
Pour changer d’échelle, le ministre de l’Agriculture Cheikhou Oumar Ba mise sur un ISRA renforcé, capable de mettre au point des semences adaptées aux différents climats du pays. Il plaide pour un renforcement du personnel et des équipements de l’institut, ainsi que pour une synergie avec les universités et les pôles régionaux. Cet engagement s’inscrit dans un parcours déjà lié à la recherche agricole : Cheikhou Oumar Ba a été responsable du bureau macroéconomique de l’ISRA au début des années 2000.
La disponibilité des semences doit désormais s’appuyer sur l’association des variétés existantes et des semences de pré-base, avec une programmation pluriannuelle. Cette démarche est présentée comme un moyen de progresser vers la souveraineté semencière, puis alimentaire. Dans des propos rapportés par l’APS, le président du Groupe sur les systèmes semenciers a souligné que le mil et le niébé restent importants mais marginalisés dans les investissements. Issoufou Kapran a appelé les responsables politiques à accorder davantage d’importance à ces cultures traditionnelles, jugées très adaptées aux changements climatiques.





