Pressée par Washington d’intervenir à Ormuz, la France motive son refus par la vocation première de l’Otan

Les États-Unis et la France affichent des positions divergentes concernant la gestion de la crise dans le détroit d’Ormuz. Alors que Washington soutient une approche militaire pour rouvrir cette voie maritime, Paris a publiquement clarifié sa ligne. S’exprimant mercredi lors d’un forum organisé par le magazine Le Point, la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, Alice Rufo, a écarté toute implication de l’Alliance atlantique dans cette zone.

Comme le rapporte l’agence Anadolu, la représentante du gouvernement français a affirmé que l’Otan « n’a pas vocation » à conduire des opérations dans le détroit d’Ormuz. Elle a justifié cette position par le respect du droit international et par la nature géographique de l’organisation. « Je rappelle ce qu’est l’Otan : c’est une alliance militaire soucieuse de la sécurité des territoires de la zone euro-atlantique », a-t-elle précisé, soulignant que l’article 5 du traité repose sur une logique de défense collective.

Cette déclaration répond directement aux critiques formulées par Washington. Alice Rufo a confirmé que la France ne soutenait pas l’initiative américaine visant à rouvrir le détroit d’Ormuz à travers une coalition armée. Face à une certaine « irritation » assumée du côté américain, la ministre a indiqué que Paris privilégie des moyens non offensifs pour obtenir le rétablissement des flux et de la liberté de navigation maritime.

Au-delà de la question d’Ormuz, Alice Rufo a abordé l’autonomie stratégique du continent. S’exprimant au nom d’un pays fondateur de l’Otan et de l’Union européenne, elle a estimé que l’Europe devait assumer une part plus importante de sa propre défense, rappelant que les États-Unis formulent également cette exigence à l’égard de leurs alliés.

Évoquant les dynamiques transatlantiques observées depuis la dernière conférence de Munich, la ministre a noté un retour à une phase tendue, nécessitant davantage de prévisibilité. Elle a affirmé que faire avancer la défense européenne au sein de l’Alliance atlantique permettrait de créer de la fiabilité, la confiance reposant in fine sur la volonté des Européens de se défendre par eux-mêmes.

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