Pour freiner les alliés de Téhéran, Washington bloque un montant colossal destiné à l’Irak

Les États-Unis intensifient leur pression sur le gouvernement irakien. Afin de contraindre Bagdad à limiter l’influence des groupes armés liés à l’Iran, Washington a pris la décision de geler une importante expédition de fonds issus des revenus pétroliers du pays.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, qui cite des responsables américains et irakiens s’étant confiés au Wall Street Journal, le département du Trésor américain a bloqué un avion cargo transportant près de 500 millions de dollars en billets de banque. Ces fonds proviennent des recettes pétrolières de l’Irak, actuellement conservées dans des comptes à la Réserve fédérale de New York.

Cette suspension marque le deuxième retard imposé par Washington sur les expéditions régulières de dollars vers la banque centrale irakienne depuis le début de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, survenue à la fin du mois de février. L’administration américaine a également mis en pause plusieurs programmes de coopération sécuritaire avec l’armée irakienne.

Cette décision s’inscrit dans une volonté claire de pousser Bagdad à prendre ses distances avec Téhéran, dans un contexte régional très instable, illustré récemment par la libération sous conditions d’une journaliste américaine enlevée en Irak. Des groupes alignés sur l’Iran ont revendiqué de multiples attaques contre des installations militaires américaines en Irak et dans des pays voisins, affirmant agir en soutien à la République islamique. En réponse, les forces américaines ont mené des frappes aériennes contre des factions irakiennes, y compris celles rattachées aux Forces de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi), une entité intégrée à l’appareil de sécurité de l’État irakien.

Dans une déclaration publiée mardi, la banque centrale irakienne n’a pas commenté directement l’arrêt de ces livraisons, se contentant d’assurer qu’elle dispose de réserves suffisantes en devises américaines pour faire face à la situation.

Depuis l’invasion américaine de 2003, la gestion des revenus pétroliers irakiens est sous l’influence de Washington, avec des dizaines de milliards de dollars placés à la Réserve fédérale de New York. Des cargaisons massives d’argent liquide sont habituellement rapatriées chaque année pour assurer le fonctionnement de l’économie locale. Bien que la suspension actuelle soit qualifiée de temporaire par des responsables américains, les exigences précises posées à l’Irak pour la reprise des transferts n’ont pas été détaillées. Le Premier ministre Mohammed Shia al-Sudani se retrouve dans une position délicate, cherchant le soutien des États-Unis pour un second mandat tout en évitant une confrontation directe avec les groupes armés pro-iraniens sur son sol.

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