Le port de Dakar, poumon économique du Sénégal, est au cœur d’une vive polémique. Cheikh Saloum Kane, secrétaire général du Syndicat des transitaires du Sénégal (STS), dénonce une accumulation de dysfonctionnements : infrastructures vétustes, facturation illégale et ralentissement du trafic. Selon lui, les perturbations mondiales des routes maritimes, notamment en mer Rouge, ont réduit le nombre de cargos, allongeant les délais d’acheminement de plusieurs semaines et renchérissant les coûts de transport.
Le STS pointe surtout le non-respect des arrêtés ministériels encadrant la facturation des conteneurs. Certaines lignes maritimes imposent leurs propres barèmes, sans possibilité de contestation. Cas emblématique : la facturation de l’Orbus Infinity, jugée sans base légale. « Nous faisons tout le travail à leur place et nous payons », s’indigne Cheikh Saloum Kane. Ces surcoûts se répercutent sur toute la chaîne logistique, jusqu’au consommateur final, aggravant le pouvoir d’achat des ménages sénégalais. Selon Dakaractu, ces pratiques illégales persistent malgré les alertes répétées des syndicats.
À cela s’ajoute la vétusté du matériel de manutention : grues défaillantes, portiques en panne, routes internes dégradées. Les délais de traitement des dossiers restent excessifs malgré la digitalisation annoncée. Le STS réclame une caisse de paiement sur place pour réduire les allers-retours. La direction du Port autonome de Dakar, contactée, n’a pas répondu aux sollicitations.
Face à l’engorgement judiciaire, le Port de Dakar a mis en place un Comité national de médiation maritime et portuaire, visant à soustraire 90 % des litiges aux tribunaux par un règlement à l’amiable. Par ailleurs, à compter du 1er mai 2026, le géant du fret Maersk imposera une surcharge de manutention à l’importation de 250 dollars (environ 151 250 FCFA) par conteneur, affectant l’ensemble de son réseau, y compris le Sénégal. Cette mesure risque d’alourdir encore les coûts pour les transitaires et les consommateurs.
