Dans le district de Podor, au nord du Sénégal, plus d’une femme sur quatre (soit plus de 25 %) accouche à domicile sans accompagnement médical, a alerté jeudi 26 juin le médecin-chef Mamoudou Bocoum, rapporte l’APS. Il s’exprimait à l’occasion d’une rencontre de plaidoyer pour le déploiement d’une clinique mobile.
Les services prénataux sont très peu sollicités et les objectifs de vaccination demeurent hors d’atteinte, a-t-il ajouté. Pour réduire ces freins, en particulier dans les secteurs isolés, le district a pu compter sur l’acquisition d’une clinique mobile grâce à l’UNFPA et l’UNICEF, en partenariat avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale.
Cette structure itinérante, qui n’a pas encore démarré, vise à mieux suivre les grossesses et les naissances et à étendre la présence sanitaire dans la zone. Le docteur Bocoum y voit un moyen de relever les indicateurs sanitaires et de diminuer les décès maternels et néonatals.
La question de la santé maternelle demeure une préoccupation majeure au Sénégal. En décembre 2025, le ministère de la Santé a achevé le recrutement de 220 sages-femmes d’État dans le cadre du Projet SWEDD+ Sénégal. Cette initiative, qui vise à soutenir la santé maternelle et infantile ainsi que l’autonomisation des jeunes filles, a permis de renforcer les structures sanitaires publiques sur l’ensemble du territoire.
La présentation de l’unité a été supervisée par le préfet du département, Amadoune Diop, en présence d’élus locaux, de partenaires techniques et financiers et de responsables communautaires. La coordonnatrice de la santé de la reproduction pour la région de Saint-Louis, Khamsa Diop Bâ, a salué un projet qui, de son avis, « renforcera l’accès aux soins dans les zones les plus enclavées ».
Considérée comme un test, cette clinique mobile pourrait être déployée ailleurs dans le pays si les résultats sont au rendez-vous.

