Après le rejet du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 par l’Assemblée nationale, les regards se tournent désormais vers le président de la République. Selon Djibril Gningue du GRADEC, expert électoral, le compte à rebours vers une dissolution de l’Assemblée nationale est lancé.
Plusieurs mécanismes constitutionnels sont envisageables pour sortir de cette impasse budgétaire. Mais pour Djibril Gningue , expert électoral et membre du Groupe de recherche et d’appui-conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (Gradec), une dissolution de l’Assemblée nationale pourrait être envisagée à partir du 2 décembre prochain.
Au lendemain du rejet du PLFR 2026 en séance plénière, la question de la sortie de crise se pose avec acuité. IDjibril Ngom a rappelé les différentes options constitutionnelles dont dispose l’Exécutif pour faire adopter le texte budgétaire.
Selon lui, deux dispositions de la Constitution peuvent notamment être mobilisées. « La première est l’article 68, qui prévoit qu’à l’expiration d’un délai de 60 jours sans adoption de la loi de finances, le président de la République peut la mettre en vigueur par décret. »
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La seconde possibilité, poursuit-il, repose sur « l’article 86″ alinéa 6 ». Cette disposition permet au Premier ministre, après délibération du projet en Conseil des ministres, « d’engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale. »
Dans cette hypothèse, le texte est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure est déposée et adoptée.
« À ce moment-là, la loi de finances est adoptée, sauf s’il y a une motion de censure », explique l’expert électoral sur Sud Fm.
Djibril Gningue précise toutefois que même dans l’hypothèse d’une motion de censure entraînant la chute du gouvernement, celui-ci pourrait être reconduit.
Le projet de loi de finances pourrait alors être soumis une seconde fois à l’Assemblée nationale, sans possibilité pour les députés de recourir à une nouvelle motion de censure dans les mêmes conditions.
La dissolution comme autre issue
Au-delà de ces mécanismes, Djibril Gningue estime que la question de la dissolution de l’Assemblée nationale pourrait se poser pour éviter une prolongation du blocage institutionnel.
« Je pense que le chef de l’État sera certainement obligé, au mois de décembre, à partir du 2 décembre, de dissoudre l’Assemblée nationale », avance-t-il.
Une telle option ouvrirait la voie à un retour devant les électeurs pour le renouvellement de la représentation parlementaire. Elle constituerait ainsi une autre issue politique à l’impasse née du rejet du PLFR 2026.





