Le Président Bassirou Diomaye Faye l’a dit lui-même : tout est question de nécessité et de contexte. Le moment venu, il décidera pour les législatives.
En réalité, son plan est limpide : après la LFR qui validera l’accord avec le FMI et la LFI qui entérinera la restructuration de la dette, il aura toutes les cartes en main pour gouverner seul jusqu’en 2029, au détriment de la volonté populaire et des principes fondateurs de PASTEF.
L’unique obstacle capable d’empêcher cette dérive et d’éviter qu’il n’impose des élections anticipées quand il le voudra, après avoir humilié ou fait chanter des députés est de ne pas voter la LFR et la LFI.
Rappel juridique :
Si l’Assemblée rejette la LFR, l’État continue avec la LFI 2026 initiale. Sans LFR, pas d’intégration de la dette révélée, pas d’accord FMI validé par le Conseil d’Administration, pas de coupe des subventions. Le programme est bloqué.
Il faut distinguer deux cas prévus par la Constitution :
1. L’Assemblée ne se prononce pas dans les 60 jours : le Président peut alors passer par ordonnance. C’est la procédure anti-blocage, utilisée sous Wade.
2. L’Assemblée rejette explicitement le texte : l’ordonnance devient impossible. C’est un désaveu politique majeur.
Dans ce second cas, le gouvernement reste bloqué avec l’ancien budget. Le Premier ministre doit soit retirer son texte et en présenter un nouveau, soit engager sa responsabilité et risquer la censure. Il doit renégocier, notamment les conditions du FMI.
La LFR de septembre 2026 porte justement la reconnaissance d’une dette de 132% du PIB et la suppression des subventions. La rejeter, c’est refuser ces conditions au nom du peuple.
Même logique pour la LFI : si elle n’est pas votée au 31 décembre, le Président peut reconduire l’ancien budget par douzièmes provisoires. Mais s’il y’a rejet explicite, il n’y a plus d’ordonnance possible. L’État se retrouve sans budget autorisé au 1er janvier.
C’est alors une motion de censure de fait. Le Premier ministre doit démissionner. Le Président n’a plus que trois options :
1. Nommer un nouveau gouvernement
2. Dissoudre l’Assemblée et convoquer des législatives anticipées en 60-90 jours
3. Utiliser le 49.3 sénégalais en engageant la responsabilité du gouvernement
Aujourd’hui, PASTEF détient 130 sièges sur 165. Si cette majorité rejette la LFR et la LFI de ce gouvernement, elle refuse d’avaliser la dette et les diktats du FMI. On a promis PASTEF, il gouverne FMI.
C’est l’occasion de mettre fin à l’imposture de l’Exécutif et d’imposer une clarification démocratique. L’initiative des élections ne doit pas être laissée au seul caprice d’un homme. Il faut la lui imposer.
Évitons que l’épée de Damoclès qui pèse chaque mercredi sur la tête des DG PASTEF ne vienne aussi peser sur les députés après le vote des lois de finances. PASTEF a suffisamment d’arguments pour convaincre les Sénégalais et remettre ce régime sur la voie de ses promesses électorales.
Le parti au pouvoir n’est pas prêt pour des élections aujourd’hui. Lui donner du temps, c’est lui permettre de se préparer et de trouver de nouveaux éléments de langage pour diaboliser l’adversaire. Le Président est impopulaire. C’est le moment de redonner la parole au peuple.
Dans aucun pays au monde on ne gouverne sans majorité. Quand on détient une majorité, on doit l’exercer pleinement pour imposer sa vision. C’est son rôle. Aujourd’hui, cette majorité existe. Elle bénéficie du soutien du peuple. Encore faut-il y croire et lui faire confiance.
Aux États-Unis, la majorité au Congrès provoque régulièrement un blocage du budget, le fameux « shutdown », sans jamais être sanctionnée par le peuple. Au contraire, c’est un acte prévu, compris et même attendu par les électeurs comme un moyen de défense démocratique. Ce principe est valable partout dans le monde.
PASTEF, n’a pas le droit de laisser passer cette forfaiture par simple calcul politique. Son entretien sur France 24 est un piège : il dit ne pas vouloir dissoudre s’il y a une fluidité institutionnelle, juste pour gagner du temps. Dès qu’il se sentira prêt, il portera le coup fatal.
Conclusion : Rejetons la LFR et la LFI pour lui imposer des élections, précipiter son départ ou à défaut lui imposer une cohabitation démocratique.
Dr Mansour Seck*






2029, la fin de ce groupe arrivé en 2024.