À New York, Bassirou Diomaye Faye défend son soutien à Macky Sall tout en évoquant ses divergences avec Ousmane Sonko. Face aux journalistes de RFI et de France 24, le président sénégalais a aussi abordé les finances publiques, les relations avec l’Assemblée nationale et la possibilité d’une dissolution.
Macky Sall et la réforme de l’ONU
Le chef de l’État estime que la candidature de son prédécesseur au poste de secrétaire général des Nations unies conserve toutes ses chances. À la tribune de l’ONU, il a invité les États membres à appuyer Macky Sall, désigné candidat par l’Union africaine le 2 mars 2026. Macky Sall a, de son côté, évoqué sur X ses audiences avec Bassirou Diomaye Faye et le président burundais Évariste Ndayishimiye.
Bassirou Diomaye Faye souligne que le résultat dépend notamment des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, dont le vote n’est pas encore connu. Il présente Macky Sall comme un responsable africain pouvant défendre une meilleure représentation du continent à l’ONU et une réforme de l’architecture financière internationale, notamment au regard des enjeux liés à la dette.
Le président sénégalais plaide également pour un siège permanent africain au Conseil de sécurité. Il rappelle que l’Afrique pourrait compter 2,5 milliards d’habitants en 2050 et estime que le continent ne peut rester à l’écart des principales instances de décision.
Le président reconnaît les critiques visant l’ONU, mais appelle à réformer l’organisation plutôt qu’à l’abandonner. Dans son entretien, comme le rapportent RFI et Enqueteplus, il rattache cette position à la vocation de l’institution : prévenir un retour au chaos qui a suivi les deux guerres mondiales.
Les bourses sociales et les finances publiques
Sur les discussions avec le FMI et les conséquences possibles du programme financier pour les ménages vulnérables, le président rejette l’idée d’une austérité généralisée. Il cite l’augmentation prévue des bourses de sécurité familiale, dont l’enveloppe doit passer de 35 à 70 milliards de francs CFA en 2026, puis atteindre 140 milliards en 2027.
Il mentionne aussi l’élargissement du registre national des bénéficiaires à plus d’un million de personnes. Les recrutements dans l’enseignement et la santé ainsi que les investissements publics sont également avancés pour illustrer la politique de protection des populations, parallèlement au rétablissement des équilibres financiers.
Sonko, l’Assemblée et une éventuelle dissolution
Interrogé sur une possible relation entre sa rupture avec Ousmane Sonko et la poursuite des discussions avec le FMI, Bassirou Diomaye Faye écarte cette explication. Il évoque plutôt des divergences persistantes. Il rappelle que la nomination de Sonko comme Premier ministre relevait de ses prérogatives constitutionnelles et dit avoir choisi un autre chef du gouvernement après une perte de confiance.
Au sujet d’un éventuel blocage de la loi de finances par l’Assemblée nationale, dominée par son ancien parti, le PASTEF, le président rappelle le serment prêté devant le peuple sénégalais et Dieu. Il souligne que l’Exécutif, le Parlement et les autres institutions ont chacun leurs responsabilités, tout en estimant que les députés devraient accompagner les efforts engagés dans l’intérêt de la population.
Il n’a annoncé aucune décision sur une dissolution de l’Assemblée ni sur une date d’élections. Il a toutefois rappelé qu’il disposerait de cette prérogative constitutionnelle à partir du 2 décembre.




Thiey adouna