Lors de l’annonce faite le mercredi 9 septembre, le Sénégal ouvre 109 blocs pétroliers et gaziers aux investisseurs locaux et étrangers. L’opération doit être présentée dans le cadre d’un roadshow destiné à mobiliser les acteurs du secteur.
Le pays compte 113 blocs, dont seulement quatre sont actuellement sous contrat, selon Agenceecofin. Cette ouverture porte donc sur la quasi-totalité du portefeuille encore disponible. Les autorités veulent aussi favoriser l’émergence d’entreprises sénégalaises dans l’énergie, le pétrole et le gaz.
Une nouvelle étape après l’audit des contrats
La démarche s’inscrit dans l’audit des contrats miniers, pétroliers et gaziers promis en 2024 par le régime de Bassirou Diomaye Faye. Cet examen doit apprécier les accords conclus avec les groupes étrangers au regard de l’intérêt national et déterminer les ajustements nécessaires.
Pour les permis encore libres, l’État pourra définir ses exigences dès les négociations initiales. Le contenu local et les retombées économiques pourront ainsi être intégrés avant l’arrivée des opérateurs, contrairement aux contrats déjà signés.
Cette volonté de reprendre la main sur le cadre contractuel concerne aussi les projets déjà engagés. Dakar a ouvert des discussions avec BP et Woodside au sujet de Greater Tortue Ahmeyim et de Sangomar. Le 14 mai, Khadim Bamba Diagne, secrétaire permanent du Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz, avait déclaré que le Sénégal n’excluait aucune option pour renégocier les contrats en cours, y compris le recours à l’arbitrage international.
Attirer les capitaux sans renoncer au contenu local
Le roadshow s’adresse également aux compagnies internationales, dont les capitaux et les compétences restent nécessaires à l’exploration et au développement des projets. L’objectif affiché consiste à donner davantage de place aux entreprises sénégalaises sans fermer l’accès aux investissements étrangers.
Cette équation se pose dans un contexte de dette publique difficilement soutenable. Dakar privilégie un reprofilage de la dette, avec un allongement de certaines maturités et une renégociation des taux d’intérêt, plutôt qu’une restructuration formelle.
Quelques jours avant l’annonce sur les permis, le gouvernement avait conclu avec le Fonds monétaire international un accord au niveau des services portant sur un programme de financement de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Les nouveaux permis ne sont pas présentés comme une réponse directe aux difficultés budgétaires.
Le cadre proposé devra désormais être confronté aux conditions financières exigées par le marché. L’ouverture de 109 blocs constitue ainsi un test pour la nouvelle doctrine sénégalaise d’exploitation des hydrocarbures : attirer les investissements nécessaires tout en renforçant la part des entreprises nationales et le contrôle de l’État sur les contrats.
La pêche fait vivre entre 600 000 et 700 000 Sénégalais.
