Dans son discours prononcé après son élection à la présidence de Assemblée nationale du Sénégal, ce mardi, Ousmane Sonko a fortement ancré son intervention dans le registre spirituel et religieux, donnant à l’exercice du pouvoir une portée à la fois morale et sacrée.
Dès l’entame de son allocution, le leader de Pastef a placé son discours sous le signe des grandes références religieuses du moment. Il a rappelé que cette séance parlementaire intervenait « au lendemain de la Pentecôte pour les chrétiens » et durant « le jour d’Arafat » pour les musulmans, établissant ainsi un parallèle entre la vie institutionnelle et les temps spirituels majeurs.
À travers cette double référence, Ousmane Sonko a cherché à inscrire son accession à la tête de l’institution parlementaire dans une dimension de responsabilité transcendante. Le pouvoir, selon lui, ne saurait être réduit à une simple conquête politique ou à un rapport de force partisan.
« Le pouvoir est un dépôt », a-t-il affirmé en substance, soutenant que les dirigeants devront répondre de leurs actes « devant Dieu et devant le peuple ».
Le Premier ministre a également convoqué plusieurs références islamiquesdont Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké pour illustrer sa conception de la gouvernance. Citant le Coran ainsi que la figure du Khalife Omar Boun Khattab, souvent présenté dans la tradition musulmane comme un modèle de justice et de rigueur morale, il a insisté sur les exigences d’équité, de responsabilité et d’humilité qui doivent accompagner l’exercice des fonctions publiques.
Dans cette logique, le président de Pastef a développé une vision du pouvoir fondée sur la redevabilité morale. Selon lui, la fonction publique implique une exigence permanente de droiture et de transparence, loin des privilèges personnels ou des intérêts particuliers.
Cette dimension spirituelle a occupé une place centrale dans son intervention. Elle lui a permis de présenter l’action politique comme une mission au service du bien commun, mais également comme une charge lourde de conséquences sur le plan éthique.
En associant références religieuses et discours institutionnel, Ousmane Sonko a ainsi tenté de donner une profondeur morale à son mandat à la tête de l’Assemblée nationale, tout en adressant un message à la fois politique et symbolique à ses partisans comme à ses adversaires.