Au Sénégal, une convergence inédite se dessine entre le Pastef et l’Alliance pour la République (APR) sur la transhumance politique. Le député Amadou Ba (Pastef) a annoncé une proposition de loi visant à destituer automatiquement tout maire qui quitterait son parti en cours de mandat. Une initiative qui reçoit un soutien inattendu de l’APR, dirigée par l’ancien président Macky Sall.
Dans une intervention sur ses canaux numériques, Amadou Ba défend l’application aux exécutifs locaux de la logique de l’article 60 de la Constitution, qui prévoit la déchéance des députés en cas de défection. Le député, qui avait signé fin juin une contribution sur le suffrage universel et la légitimité démocratique, estime que le changement d’étiquette sans nouveau vote populaire constitue une trahison du mandat confié par les citoyens.
Selon les informations rapportées par Xibaaru, l’APR a vivement dénoncé ce qu’elle appelle la « capture » d’élus territoriaux par la majorité actuelle. Le parti considère que ces défections dénaturent la volonté populaire. Il réclame que toute défection en cours de mandat entraîne la vacance du poste et l’organisation de nouvelles élections locales.
Ce rapprochement entre deux formations habituellement antagonistes alimente le débat public. Plusieurs voix, y compris au sein de la mouvance présidentielle, s’opposent à une automaticité de la sanction, estimant qu’elle donnerait un pouvoir excessif aux états-majors des partis et nuirait à la liberté d’association des élus. L’APR, de son côté, a proposé que tout revirement d’appartenance politique entraîne la tenue d’un nouveau scrutin.
