La colère gronde dans les rangs de Pastef. Les récentes désignations d’ex-ministres proches d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, qu’il préside, ont déclenché une vague de protestations internes. Plusieurs militants évoquent un « recasement » qui avantagerait un cercle restreint au détriment de cadres méritants.
Depuis la France, Sokhna Ndiaye, cadre de Pastef et membre de Moncap/France, ne mâche pas ses mots. La consultante, engagée dans le parti depuis 2017, qualifie ces nominations de « mercato politique » favorisant le clanisme. Elle rappelle avoir suspendu une partie de ses activités pour lancer le Collectif d’accompagnement des étudiants sénégalais de l’extérieur (Calf), un sacrifice qui contraste avec ce qu’elle perçoit comme un partage de postes entre proches.
Son indignation est partagée. Un autre militant, identifié sous les initiales M.N., confie envisager de quitter les panels du parti. De nombreux cadres de la diaspora, qui avaient renoncé à des opportunités professionnelles pour le projet, expriment leur déception. Les discussions en ligne sont saturées de critiques accusant la direction de trahir les principes de « Jub, Jubal, Jubanti ».
Cette grogne interne survient alors que des interrogations pèsent sur le maintien des rémunérations de certains ex-ministres, comme l’a souligné le journaliste Madiambal Diagne sur les réseaux sociaux. Le contexte est d’autant plus tendu qu’en juin dernier, après la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, plusieurs proches de ce dernier, dont Moussa Bala Fofana et Yankhoba Diémé, avaient été nommés au gouvernement alors que Pastef boycottait l’exécutif. Des nominations qui avaient déjà suscité des remous.
Les critiques se multiplient sur les plateformes de discussion de Pastef, a constaté Rewmi. Des militants y dénoncent un dévoiement des principes de « Jub, Jubal, Jubanti ».

Mo tay beugnagnou🫡