Pastef : Aldiouma Sow soutient Diomaye Faye et dénonce une « dérive messianique »

Un membre du Bureau politique national de Pastef-Les Patriotes apporte un soutien appuyé au président Bassirou Diomaye Faye et accuse une partie du parti d’entretenir une « dérive messianique ». Dans sa déclaration relayée par EMedia, Aldiouma Sow présente le dialogue politique choisi par le chef de l’État comme une pratique de gouvernance, en rappelant que celui-ci a participé plusieurs jours aux concertations nationales sans contrainte institutionnelle.

Le responsable de Pastef conteste aussi l’existence d’un arrangement secret prêté à Bassirou Diomaye Faye pendant sa détention à la prison du Cap Manuel. Il affirme qu’aucun pacte n’a été signé et que le président n’a pris aucun engagement politique ou électoral en dehors de son programme présidentiel et du serment prêté devant les Sénégalais. À l’inverse, il accuse certains acteurs d’avoir voulu préparer un schéma de transfert ultérieur du pouvoir vers une personnalité présentée comme un « messie ».

Cette prise de position s’inscrit dans une série de tensions internes autour de Pastef. Le 19 mai 2026, Waly Diouf Bodiang a accusé Aldiouma Sow d’être encore membre du parti sans être derrière Ousmane Sonko. Le 5 mai 2026, Abdourahmane Diouf avait critiqué les propos d’Ousmane Sonko se présentant comme « guide de la Révolution » à l’Assemblée nationale et avait salué le dialogue républicain défendu par Diomaye Faye.

Aldiouma Sow revient aussi sur les investitures des élections législatives et locales de 2022. Il estime que des cadres historiques, des jeunes militants et des femmes de Pastef ont été mis à l’écart au profit d’alliés de circonstance. Il dit craindre que la reprise de ce modèle lors de prochaines échéances électorales affaiblisse durablement la base militante.

Après l’arrivée de Pastef au pouvoir en mars 2024, il évoque une autre tentative de déviation du Projet, fondée selon lui sur la victimisation, la mémoire des martyrs et la reddition des comptes. Il affirme que le chef de l’État a alerté à plusieurs reprises le Bureau politique national, les ministres, les directeurs généraux, les députés et des responsables de la base sur une évolution « anti-républicaine » et « messianique ».

Il défend enfin les ministres et responsables de Pastef qui ont répondu à l’invitation du chef de l’État et dit assumer le risque de sanctions ou d’exclusions internes. Dans les investitures législatives de novembre 2024, il affirme que Bassirou Diomaye Faye avait demandé de mieux considérer la légitimité historique de responsables locaux face à des alliés conjoncturels dans les départements de Pikine et de Keur Massar.

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