Pape Thiaw : l’État refuse de payer ses émoluments, la FSF pourrait devoir 240 millions de francs CFA

L’État du Sénégal a décidé de ne pas payer les émoluments de l’ex-sélectionneur des Lions, Pape Thiaw. D’après les informations de dakarmatin, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a reçu une notification officielle justifiant ce refus par l’absence d’approbation du contrat.

Le technicien avait signé un bail de trois ans avec la FSF le 22 juin 2026, à la veille d’un match de Coupe du monde contre la Norvège. Ce contrat prévoyait un salaire mensuel de 30 millions de francs CFA, une prime de signature de 120 millions et 1 % des prize money de la FIFA. Mais l’État, tiers-payeur, estime que ce contrat n’est pas valide sans son aval préalable.

Cette situation fait écho au bras de fer de 2004 entre la FSF et le ministre des Sports de l’époque, Youssoupha Ndiaye. La fédération voulait alors limoger le sélectionneur Guy Stephan, mais l’État avait refusé de payer les 100 millions de francs CFA d’indemnités. La crise s’était soldée par la chute de toute la direction après un match nul contre le Togo. Plus récemment, en 2025, l’État avait déjà bloqué le renouvellement du contrat d’Aliou Cissé pour non-atteinte des objectifs.

Aujourd’hui, la FSF pourrait se retrouver dans une impasse. Le président de la fédération, Abdoulaye Fall, a indiqué que le contrat de Pape Thiaw comporte une clause de rupture permettant de le licencier moyennant le paiement de huit mois de salaire, soit 240 millions de francs CFA. Mais le ministre des Sports, Djireye Clotilde Coly, avait déjà mis son véto au processus de licenciement en juillet, exigeant d’abord un bilan détaillé de la participation du Sénégal à la Coupe du monde.

Le conflit autour du paiement des émoluments et de l’indemnité de séparation pourrait atterrir devant les tribunaux. D’aucuns estiment que le contrat ne peut entrer en vigueur sans l’accord du tiers-payeur, tandis que la FSF envisagerait de prendre en charge elle-même l’ardoise de 240 millions pour tourner la page.

En 2004, le refus de l’État avait conduit à la paralysie de la FSF et au limogeage de son président Saïd Fakhry après le fiasco du match Sénégal-Togo (2-2) au stade Léopold Sédar Senghor.

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