Le président du parti RAVIE, Pape Modou Fall, estime que le cumul des fonctions de chef de l’État et de dirigeant de parti n’est pas un danger, mais un atout pour la stabilité. Dans une tribune publiée par Xibaaru, il affirme que cette configuration peut devenir « un puissant levier de stabilité institutionnelle », surtout dans les régimes présidentiels africains.
Pour M. Fall, le parti politique ne se réduit pas à une machine électorale. Il le décrit comme le premier relais entre le citoyen et l’État, un outil de proximité capable de traduire les réformes en actions concrètes. Il souligne qu’un parti structuré et discipliné offre une majorité parlementaire solide, évitant ainsi les blocages et les crises. Toutefois, il met en garde : sans démocratie interne ni débat contradictoire, le parti devient une cour et un facteur de fragilité.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur le rôle du parti présidentiel agite la majorité sénégalaise. Depuis son élection, le président Bassirou Diomaye Faye a dû composer avec des tensions entre son parti d’origine, Pastef, et la coalition Diomaye Président. En mars 2026, il avait annoncé que cette coalition serait chargée de vulgariser l’action gouvernementale, une initiative contestée par Pastef. Le député et analyste Pape Touty Makhtar Sow avait, en décembre 2025, déjà pointé les difficultés de Pastef à concrétiser la rupture promise, regrettant l’absence de réformes majeures.
Les arguments de Pape Modou Fall font écho à ces difficultés, plaidant pour un parti fort mais ouvert, capable de former les cadres et de préparer la relève. Selon lui, le véritable enjeu n’est pas le cumul des fonctions, mais la manière d’exercer la direction du parti. En mars 2026, le président Faye a lui-même souligné le rôle de la coalition Diomaye Président pour soutenir l’action gouvernementale, une position rejetée par Pastef.

Transhumants en téléchargement