Comment Ousmane Sonko a-t-il pris la tête de l’Assemblée nationale dans un climat de contestation parlementaire ? Ce mardi 26 mai, l’ancien Premier ministre a été élu président de l’institution au terme d’un vote marqué par l’absence de l’opposition. Sur 133 votants, 132 se sont prononcés pour, soit 99,25 % des suffrages exprimés.
Cette élection est intervenue 72 heures après son limogeage par le président Bassirou Diomaye Faye, qui a aussi dissous le gouvernement le 22 mai 2026. Dans la séquence qui a suivi, El Malick Ndiaye a quitté la présidence de l’Assemblée nationale le 24 mai 2026, une démission qui a ouvert la voie à l’installation de Sonko au perchoir.
Le boycott de l’opposition au cœur du désaccord
Le différend porte sur le statut parlementaire d’Ousmane Sonko. Élu député lors des législatives de novembre 2024, il occupait alors déjà la fonction de Premier ministre, jugée incompatible avec celle de député. En restant à la Primature et en “suspendant” son mandat sans l’avoir exercé, il aurait, selon l’opposition parlementaire, perdu la possibilité de revenir siéger à l’Assemblée.
Avant cette séance plénière du 26 mai, le président Bassirou Diomaye Faye avait saisi le Conseil constitutionnel sur la question de la réintégration de Sonko à l’Assemblée. La procédure portait sur ce retour comme député avant même l’élection au perchoir, ce qui a placé le débat sur le terrain juridique en plus de la confrontation politique.
Dans les réactions citées par pressafrik, l’opposition parlementaire parle d’un « braquage » et d’un « coup d’Etat constitutionnel ». Thierno Alassane Sall, député du groupe des non-inscrits, avait écrit de son côté : « Pastef cherche à provoquer une crise institutionnelle majeure en forçant l’installation (de Sonko) au perchoir de l’Assemblée nationale. Un tel acte est illégal ».
Dans tous les cas, le Conseil Constitutionnel est là pour trancher.