Le départ d’Ousmane Sonko de la primature a déplacé le centre de gravité de la majorité vers l’Assemblée nationale, où l’ancien chef du gouvernement pourrait reprendre son siège de député dans les prochains jours.
Le 22 mai, il a quitté ses fonctions sous les acclamations de ses partisans. Mais derrière cette séquence, plusieurs éléments laissent apparaître une rupture préparée. Des proches du leader de PASTEF soutiennent qu’il voulait partir depuis un moment. Dans le même temps, des alliés du président Bassirou Diomaye Faye poussaient aussi en faveur de son remplacement. Comme l’a rapporté Seneplus dans un récit publié par Jeune Afrique, un proche affirme qu’il a accueilli son limogeage avec calme, alors qu’un cadre du parti assure qu’il envisageait déjà son départ depuis longtemps.
La veille de son éviction, Ousmane Sonko avait pris la parole devant les députés pour critiquer publiquement la position présidentielle sur les fonds politiques. Selon son entourage, il avait été informé quelques heures avant l’annonce officielle. Un proche y voit l’attitude de quelqu’un qui n’avait plus grand-chose à perdre. Le décret présidentiel a ensuite acté son limogeage, une décision qui a provoqué une onde de choc au sein de PASTEF, où Sonko reste perçu par ses partisans comme l’architecte central du projet politique porté au pouvoir avec Bassirou Diomaye Faye.
Le prochain front pourrait s’ouvrir à l’Assemblée nationale. Ses soutiens évoquent déjà la possibilité d’une candidature à la présidence de l’institution, tandis qu’un observateur politique cité par JA prédit des affrontements politiques durs dans l’hémicycle. Cette perspective placerait le chef de l’État face à une chambre largement acquise à son ancien Premier ministre, dans une séquence institutionnelle inédite depuis l’arrivée du tandem au pouvoir.
Un premier test est déjà identifié dans l’agenda du parti : le congrès de PASTEF est fixé au 6 juin.