Après une cérémonie de sortie de promotion placée sous le sceau de l’indépendance judiciaire, les nouveaux magistrats de la Cour d’appel de Dakar mesurent le poids de leur responsabilité. Le président Bassirou Diomaye Faye leur avait rappelé, selon dakaractu, lors de la remise de diplômes au Palais de la République, que leur seule obligation est la loi et leur conscience, les invitant à résister à toute pression politique, économique ou sociale. De son côté, le directeur du Centre de formation judiciaire (CFJ), Souleymane Téliko, avait plaidé pour une justice « consubstantielle à la séparation des pouvoirs et à l’État de droit ».
Quelques jours plus tard, dans une vidéo diffusée sur YouTube, deux de ces jeunes magistrats, Cheikh Oumar Sall et Ndèye Maguette Camara, reviennent sur cette exigence d’exemplarité. Cheikh Oumar Sall insiste sur les valeurs cardinales du métier : indépendance, humilité, impartialité, mais aussi retenue, particulièrement à l’ère des réseaux sociaux. « Notre activité professionnelle ne se passe pas au niveau des réseaux sociaux. Elle se passe dans le secret de nos bureaux, dans le secret de notre conscience », a-t-il déclaré, soulignant que cette discrétion doit guider toute une carrière.
Formés pendant deux ans au Centre de formation judiciaire, les magistrats de cette promotion ont été sensibilisés aux défis d’une société en mutation. Ndèye Maguette Camara, quant à elle, voit dans cette nouvelle étape « une lourde responsabilité » plutôt qu’un simple honneur. « Ce n’est pas un privilège, mais plutôt une charge », affirme-t-elle, consciente du poids que représente le pouvoir de statuer sur le sort des personnes et de leurs biens. Face aux mutations technologiques et à l’évolution des attentes citoyennes, elle appelle ses collègues à actualiser constamment leurs compétences, pour offrir une justice à la hauteur. « Nous devons donner l’impression aux usagers qu’il s’agit d’une justice juste », a-t-elle plaidé.
