Moustapha Sène, consultant en environnement : l’écotourisme menacé par la dégradation des zones humides

Au Sénégal, l’écotourisme lié aux oiseaux migrateurs apporte des revenus aux communautés riveraines, alors que les zones humides qui l’abritent se dégradent. L’ampleur de cet enjeu se mesure aussi à l’échelle du suivi national : le dispositif de comptage couvre 37 sites répartis en 219 secteurs.

Les sites côtiers et continentaux servent d’alimentation, de repos et d’hivernage à de nombreuses espèces. Khady Guèye, coordinatrice de programmes et experte en ornithologie à Wetlands International, estime que cette présence constitue un facteur d’attractivité touristique. Elle intervenait lors d’un atelier consacré à la conservation des zones humides et des oiseaux migrateurs, tenu à Ndagane, selon pressafrik.

Le potentiel de cette activité est également mis en avant dans le nord du pays. Au Parc national des Oiseaux du Djoudj, le ministre El Hadji Abdourahmane Diouf a souligné, le 15 janvier 2026, l’intérêt touristique et écologique du site et annoncé de nouvelles infrastructures. Cette orientation traduit la volonté de consolider l’accueil et la valorisation de lieux qui jouent à la fois un rôle dans la conservation des migrateurs et dans l’économie des territoires riverains.

La pression environnementale fragilise toutefois cette activité. Le consultant Moustapha Sène a rappelé que le drainage, la mise en valeur des terres, la pollution et la surexploitation des espèces marines comptent parmi les principales menaces pesant sur ces milieux. Il a aussi indiqué que la mangrove dégradée et l’érosion côtière réduisent les rendements de la pêche et exposent les infrastructures touristiques.

À la réserve naturelle de Palmarin, Lamine Loum, adjoint au conservateur, décrit la conservation des espaces comme une « source d’écotourisme ». Des spécialistes et passionnés viennent notamment observer les goélands, les sternes et les barges regroupés sur le site de Niasse. La réserve fonctionne avec un comité villageois et les services de l’État, dans un dispositif de cogestion qui réunit quatre villages sur 10 400 hectares.

La fréquentation contribue aux ressources locales grâce à un forfait réglementé pour les visites touristiques, scientifiques et scolaires. Cette activité permet aussi de maintenir des emplois dans le guidage, le transport et l’accueil lorsque l’extraction artisanale du sel ralentit pendant la saison des pluies. Selon les périodes, la réserve reçoit entre 400 et 1 000 visiteurs par mois hors hivernage.

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