Oiseaux migrateurs : Khady Guèye évoque les menaces au Sénégal

Ndangane, dans la région de Fatick, a accueilli les 31 août et 1er septembre un atelier consacré à la communication environnementale et à la conservation des zones humides. La rencontre réunissait des professionnels des médias et des créateurs de contenus.

Le Sénégal constitue une destination majeure pour les oiseaux migrateurs. Ses zones humides côtières et continentales leur offrent des espaces pour se nourrir, se reposer et passer l’hiver. Le Delta du Saloum abrite notamment des vasières, des bolongs, des mangroves, des tannes et des lagunes favorables aux oiseaux d’eau.

La pression exercée sur ces milieux s’inscrit dans une dégradation plus large des écosystèmes. Le Sénégal perd en moyenne 11 500 hectares de forêts par an et les feux de brousse ont touché près de 1,2 million d’hectares lors de la dernière campagne nationale, sur un couvert forestier estimé à environ 9,3 millions d’hectares. Cette évolution renforce l’enjeu de préserver les habitats encore disponibles pour la faune, notamment dans les zones humides.

La coordinatrice de programmes à Wetlands International, Khady Guèye, a expliqué que ces sites permettent aux espèces migratrices d’assurer leur rôle écologique. Elle a aussi souligné la nécessité de disposer de zones aptes à les accueillir et de renforcer l’information du public sur les enjeux de leur conservation, a rapporté l’APS.

Le suivi de ces espèces repose déjà sur un dispositif national de comptage des oiseaux d’eau articulé autour de 37 sites répartis en 219 secteurs. Le Parc national des oiseaux du Djoudj, visité le 15 janvier 2026 par le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, figure parmi les espaces où cette connaissance est stratégique. Le ministre y a magnifié le potentiel du parc et annoncé de nouvelles infrastructures.

Pour Khady Guèye, la sensibilisation doit conduire progressivement les communautés à modifier leurs comportements. Elle a insisté sur leur place dans la gestion des écosystèmes, estimant qu’elles ne sont pas uniquement bénéficiaires des actions de conservation, mais également des acteurs essentiels.

L’atelier de deux jours, organisé par Wetlands International Afrique-Côte occidentale et Golfe de Guinée avec BirdLife International et l’appui de l’Initiative internationale pour le Climat, visait à aider les participants à produire des contenus fiables et fondés sur des informations scientifiques.

La destruction et la dégradation des zones humides menacent les oiseaux migrateurs, tout comme l’urbanisation, la pollution, les déchets, l’exploitation excessive des ressources naturelles, la modification des régimes hydrologiques, le changement climatique, l’érosion et la perte d’habitats côtiers.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire