Foresterie 2026-2035 : le Sénégal perd encore 11 500 hectares de forêts par an

La préparation du Plan décennal de développement de la foresterie 2026-2035 intervient avec, en toile de fond, une pression continue sur les ressources forestières : le Sénégal perd encore en moyenne 11 500 hectares de forêts par an et les feux de brousse ont touché près de 1,2 million d’hectares de terres forestières et pastorales lors de la dernière campagne nationale. Le 7 mai 2026, au lancement du processus d’élaboration de ce document, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Abdourahmane Diouf, a présenté ces données comme des éléments qui compromettent gravement la fourniture des biens et services écosystémiques essentiels aux populations.

Le ministre a aussi rappelé que le Sénégal dispose d’environ 9,3 millions d’hectares de forêts, répartis entre formations naturelles, plantations forestières et mangroves. Il a ajouté que ces écosystèmes constituent un levier stratégique majeur pour la résilience face aux changements climatiques, la sécurité alimentaire, la conservation de la biodiversité ainsi que la lutte contre la pauvreté en milieu rural. À l’échelle mondiale, a-t-il encore souligné, plus de 2,5 milliards de personnes dépendent directement des forêts pour leur subsistance, en se référant au rapport FRA 2025.

Le même rappel des pertes annuelles et des dégâts liés aux feux de brousse figure dans les éléments rapportés par Sud Quotidien, où Dr Abdourahmane Diouf affirme aussi que, malgré un ralentissement relatif de la déforestation au cours de la dernière décennie, les défis demeurent importants.

Un nouveau plan après l’expiration de la politique forestière 2005-2025

Ce nouveau plan décennal est engagé après l’expiration de la politique forestière 2005-2025. Le ministre a indiqué que cette séquence précédente avait permis d’importants acquis, en matière de décentralisation et d’implication des collectivités territoriales dans la gestion des ressources forestières. Le document en préparation s’inscrit, selon lui, dans une logique de consolidation et d’approfondissement de ces acquis.

Les axes annoncés portent sur le renforcement de l’aménagement et de la gestion durable des forêts et des terres, la consolidation de la conservation des aires protégées et de la biodiversité, ainsi que l’amélioration de la gouvernance forestière avec une implication accrue du secteur privé dans la valorisation des ressources. À l’horizon 2035, l’ambition du ministère est de porter à 2,4 millions d’hectares les superficies sous aménagement forestier durable, de restaurer plus de 280 000 hectares de terres dégradées, de promouvoir la régénération naturelle assistée sur 100 000 hectares et de réduire de 50 % les superficies affectées par les feux de brousse.

Dr Abdourahmane Diouf a enfin lié ces objectifs à un alignement stratégique avec la nouvelle organisation territoriale, notamment à travers les huit pôles de développement économique et social. Il a déclaré que la gestion durable des forêts repose sur un écosystème d’acteurs diversifié réunissant l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers, les communautés locales et le monde académique.

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