Biodiversité au Sénégal : l’État mise sur la taxe carbone pour mieux financer le secteur

Le constat est alarmant, mais les promesses de financement se précisent. À Dakar, l’État du Sénégal a assuré vouloir mobiliser plusieurs mécanismes pour soutenir les initiatives de protection de la biodiversité, alors même que ce secteur reste présenté comme insuffisamment financé.

Intervenant lors d’un atelier consacré à cette question, Maguèye Ngom, chargé de programme à la direction de la programmation, a indiqué que l’État entend recourir notamment à la taxe carbone et à un document de budget vert. Dans son compte rendu, APS rapporte qu’il s’exprimait au nom du ministère des Finances et du Budget. Il a aussi souligné que les financements dédiés à la biodiversité sont aujourd’hui dispersés entre plusieurs projets, partenaires financiers et lignes budgétaires relevant de secteurs comme l’agriculture, l’élevage ou encore la pêche.

Le représentant a affirmé que l’État est conscient du sous-financement du secteur et qu’il compte faire davantage d’efforts pour répondre aux effets liés à la perte de biodiversité. Cette volonté a été exprimée au moment où plusieurs acteurs insistent sur l’ampleur de la dégradation des écosystèmes dans le pays.

La représentante adjointe du Programme des Nations unies pour le développement au Sénégal, Catherine Phuong, a évoqué une situation préoccupante. Elle a rappelé qu’entre 2010 et 2020, la superficie forestière du Sénégal a reculé de 860 000 hectares, en particulier pour les forêts denses. Elle a également signalé une dégradation marquée des zones humides, certaines ayant perdu près de 30 % de leur superficie, tandis que l’érosion côtière progresserait de cinq mètres par an dans certaines zones.

Malgré cette pression, la biodiversité continue de peser dans l’économie nationale. D’après Catherine Phuong, les activités qui en dépendent représentent entre 15 et 20 % du produit intérieur brut et génèrent près de 600 000 emplois, notamment dans l’agriculture, la pêche, le tourisme et les ressources naturelles. Elle a aussi fait état de 21 mécanismes à renforcer et de 14 solutions innovantes, parmi lesquels les obligations vertes, les marchés carbone et les fonds fiduciaires. De son côté, le colonel Ibrahima Guèye, directeur des parcs nationaux, a insisté sur la valeur écologique et économique de ce capital naturel pour la sécurité alimentaire, la résilience climatique et le modèle de développement du pays.

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