Moustapha Guèye dénonce la perte de valeur de la lutte sénégalaise à cause du business et prône un retour aux « mbapatt »

Moustapha Guèye, légende de l’arène sénégalaise, tire la sonnette d’alarme sur l’évolution de la lutte, qu’il juge aujourd’hui dominée par les enjeux financiers au détriment de sa valeur culturelle et sportive. Dans un entretien accordé à Le Soleil, l’ancien champion, surnommé le « Tigre de Fass », dénonce une discipline « tiraillée entre héritage, désordre organisationnel et business », appelant à une refondation en profondeur. Selon lesoleil, cette prise de position reflète une préoccupation grandissante parmi les acteurs historiques du sport.

La lutte simple, une école en voie de disparition

Pour Moustapha Guèye, la lutte simple constitue la base incontournable de la formation d’un lutteur. « Aucun champion ne peut se déclarer tel s’il n’a pas pratiqué la lutte simple », affirme-t-il, soulignant que cette discipline représente « l’apprentissage fondamental » du sport. Lui-même a débuté par sept années de lutte simple, observant et accompagnant ses aînés avant de se lancer dans la lutte avec frappe. « Tout ce que j’ai accompli découle directement de cette pratique », confie-t-il.

Aujourd’hui, cette école tend à disparaître, privant la jeunesse d’un vivier essentiel pour découvrir et former des talents. « À l’époque, les combats de lutte simple se déroulaient la nuit, de 21h à 1h du matin. Aujourd’hui, elle n’existe presque plus à Dakar », regrette-t-il. Cette disparition explique, selon lui, le déclin de la technicité dans l’arène, où les chutes techniques se font rares et où les jeunes misent davantage sur la force que sur le travail des prises.

Le business a « tué » l’esprit originel de la lutte

Moustapha Guèye pointe du doigt l’influence croissante de l’argent dans la discipline. « La lutte a perdu de sa valeur à cause du business », déclare-t-il, rappelant que ce sport reste avant tout « un art, un mélange de culture et de sport ». Pour lui, la priorité donnée aux cachets et aux contrats a éclipsé les fondamentaux, comme les « mbapatt », ces séances de lutte traditionnelle où se forgeait la technicité des champions.

Cette critique intervient alors que la lutte sénégalaise connaît une nouvelle dynamique avec l’émergence de figures comme Sa Thiès. Moustapha Guèye avait récemment rejeté l’idée d’une pause pour le champion après sa victoire sur Modou Lô, préconisant un retour rapide en compétition dès juillet et une revalorisation financière de ses cachets. Une position qui illustre les tensions entre tradition et modernité dans un sport en pleine mutation.

L’ancien champion insiste sur la nécessité de revenir aux sources pour redonner ses lettres de noblesse à la lutte. « Un lutteur qui ne passe pas par l’école des « mbapatt » ne peut avoir de fondations solides », martèle-t-il, soulignant que la rigueur et les entraînements intensifs sont les clés pour retrouver la finesse technique qui faisait la renommée des combats sénégalais.

Moustapha Guèye a lui-même enrichi son registre technique grâce à la lutte gréco-romaine, après avoir été repéré par un coopérant français qui l’a intégré à l’équipe nationale. « La lutte gréco-romaine a véritablement affûté ma technicité », explique-t-il, évoquant ses victoires contre des adversaires comme Mame Ndiambane ou Khadime Ndiaye à cette période.

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Un commentaire

  1. Il a raison père tapha di yobou aye face a face aye canada ay france lègui lambe mok foot ball gno yam lèpp bisness la ki laye beureul douma beure ak ki khaliss bi fi leu eupè lambe amatoul saveur tradition bi rèk mo djieukeu dèm

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