« Si les jeunes finissent par croire que la politique est avant tout un ascenseur social, alors les convictions deviennent négociables. » Cette mise en garde est signée Moussa Niang, dans une tribune publiée le 24 juillet 2026 sur Xalima.
L’auteur y observe qu’au Sénégal, plusieurs personnalités qui s’étaient éloignées d’Ousmane Sonko occupent aujourd’hui des postes stratégiques dans l’administration ou les institutions. En parallèle, des milliers de militants, restés fidèles aux mêmes idéaux, ne bénéficient d’aucune nomination. Pour Moussa Niang, cette répétition interroge : est-ce la reconnaissance du mérite ou le signe que la proximité avec le pouvoir ouvre un accès privilégié aux responsabilités ?
Cette réflexion fait écho à des prises de parole récentes. En juin 2026, les intellectuels Felwine Sarr et Mohamed Mbougar Sarr, pourtant engagés dans la bataille culturelle ayant porté le Pastef au pouvoir, exprimaient leur désillusion. Le Prix Goncourt décrivait un pouvoir « médiocre et sans hauteur », redoutant un mandat « quasi perdu ». Quelques jours plus tard, Mamadou Youry Sall, directeur du Centre de recherche sur le patrimoine intellectuel, appelait à remettre l’éthique au cœur de l’action publique, affirmant que « le pouvoir ne doit pas être une fin en soi ». Dès novembre 2025, Papa Moussa Sy avait lui aussi dénoncé des alliances politiques sans cohérence idéologique.
Moussa Niang alerte particulièrement sur le risque pour la jeunesse. Si la politique est perçue comme un simple ascenseur social, l’engagement citoyen se réduit à un capital à rentabiliser, au détriment du service à la Nation. Il craint que cette logique n’érode la confiance dans la démocratie elle-même.
« L’histoire finit toujours par distinguer les deux », écrit-il en opposant le militant en quête de cause à l’opportuniste en quête de place.
