À Dakar, les marchés Tilène et Hlm se transforment en parcours difficile pendant l’hivernage. La boue, l’eau stagnante et les détritus compliquent les déplacements des clients et le travail des commerçants.
À Tilène, les vendeurs restent derrière leurs étals dans une ambiance peu animée. Les rares acheteurs avancent en relevant leurs vêtements et contournent les flaques pour atteindre les boutiques. Fruits, légumes, tissus, vaisselle et encens sont exposés dans des allées où les odeurs de café Touba et d’eau souillée se mélangent.
Babacar, vendeur de thiouraye, dénonce une situation qu’il juge malsaine, notamment pour les produits alimentaires installés au milieu de la fange. Fanta, qui vend des légumes, répond que les commerçants resteraient ailleurs s’ils disposaient d’un autre emplacement. Dans ce contexte, Babacar affirme que près de 80 % des ventes de sa boutique sont maintenant réalisées en ligne. Les commandes à distance permettent de conserver des clients, mais elles demandent davantage de temps à gérer.
Les commerçants tentent aussi de limiter les dégâts. Moussa, vendeur de coupons de tissu, explique que l’eau de pluie a dû être évacuée dès le matin. Des cartons sont placés devant certaines boutiques pour permettre aux visiteurs de nettoyer leurs chaussures. Une cliente assure qu’elle ne se rend au marché que lorsqu’elle n’a pas d’autre choix. Ces scènes ont été rapportées par lesoleil dans son observation des deux sites.
Dans les marchés Tilène et Hlm, l’insalubrité freine ainsi les achats et rend chaque déplacement pénible. Aux Hlm, la boue recouvre davantage les ruelles et les cantines. Une vendeuse, en nettoyant son commerce, s’interroge en wolof : « Lii ba kañ nak ? » Un marchand de mangues vient l’aider avec un second balai.
Le nettoyage reste précaire. À chaque passage de voiture, l’eau et les déchets sont projetés vers les devantures. Un vendeur de robes raconte qu’un taxi a envoyé une nappe d’eau jusque dans sa boutique après qu’il venait de nettoyer l’entrée. Les piétons avancent alors en file, tandis que les vendeurs ambulants se disputent les rares espaces encore praticables.
Une cliente venue chercher des bijoux explique qu’elle ne serait pas venue sans un mariage urgent. À la sortie de Tilène, des conducteurs de jakarta sollicitent les rares passants pour une course. Une étude menée après l’hivernage 2025 a par ailleurs établi que 95 % des ouvrages de drainage du réseau routier de Dakar nécessitaient une intervention urgente ou prioritaire.
