« L’amour que porte Ibrahima Fall à ma personne est sans égal. » Cette parole attribuée à Baye Niass résume, dans la mémoire de la Faydha, le lien qui l’unissait à Mame Cheikh Ibrahima Fall, également appelé « Wayou Baye ».
Avant que Médina Baye ne devienne un foyer spirituel connu au-delà du Sénégal, Mame Cheikh Ibrahima Fall a accompagné Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass dans les premières étapes de son œuvre. Il ne doit pas être confondu avec Cheikh Ibrahima Fall, célèbre disciple de Cheikh Ahmadou Bamba.
Ce compagnonnage s’inscrit dans la période où Baye Niass établissait son autorité religieuse à Léona et à Kossi, avant de se proclamer maître de la Fayda entre 1929 et 1930. Le rôle de Mame Cheikh Ibrahima Fall prend ainsi place dans la construction des premiers foyers de transmission de cette voie spirituelle.
Le lien entre les deux hommes reposait sur la loyauté, l’affection et le dévouement. Plusieurs récits de la Faydha, relayés par dakar92, rapportent notamment que Baye Niass orientait vers son compagnon des personnes qui souhaitaient recevoir ses enseignements.
Kossi, un lieu d’enseignement
Mame Cheikh Ibrahima Fall aurait passé l’essentiel de sa vie à Kossi. Dans ce village, qui comptait déjà parmi les lieux où Baye Niass affirmait son autorité religieuse, il a rassemblé des disciples auxquels il transmettait les bases de la Faydha, en associant connaissances, pratique spirituelle et discipline.
C’est dans ce cadre que Mame Cheikh Ibrahima Fall est décrit comme un formateur de disciples à Kossi. Les adeptes parlent d’une école parfois appelée « Allah Baye », destinée à préparer des hommes et des femmes à recevoir puis à diffuser cet héritage spirituel.
Le nom « Wayou Baye » est lui aussi rattaché à un récit transmis par ses adeptes. Lors d’une séance de zikr à Kossi, une formule prononcée par ses compagnons ne correspondait pas, selon cette tradition, à celle qui devait être utilisée. Mame Cheikh leur aurait alors demandé de reprendre le zikr avec l’expression « Wayou Baye ».
D’autres anecdotes racontent la place particulière qu’il occupait auprès de Baye Niass. L’une d’elles rapporte que le guide aurait affirmé que, si le cœur de Mame Cheikh pouvait être ouvert, Baye Niass s’y trouverait. Ces récits relèvent de la mémoire orale de la Faydha.
Une transmission prolongée par ses disciples
Le parcours de Mame Cheikh Ibrahima Fall ne s’est pas limité à son compagnonnage avec Baye Niass. Son héritage est également associé aux personnes qu’il a instruites, parmi lesquelles Cheikh Abdoulaye Wilane, Oustaz Dame Ka, Baye Pathé Kébé, Mame Lamine Diop, Ya Néné Thiam et Baye Mactar Ka.
Le rôle joué à Kossi et la transmission de son enseignement sont présentés dans cette mémoire comme les principaux axes de son héritage. Baye Mactar Ka est décrit comme l’un de ses disciples et comme le continuateur de son enseignement.
Cette chaîne de transmission aide à comprendre comment l’enseignement diffusé dans les premiers foyers de la Faydha a accompagné le rayonnement ultérieur de Médina Baye. Le Gamou de Médina Baye attire aujourd’hui des fidèles venus de plusieurs pays, signe de l’ampleur prise par cet héritage au-delà de son berceau sénégalais.
Parmi les disciples cités figurent Cheikh Abdoulaye Wilane, Oustaz Dame Ka, Baye Pathé Kébé, Mame Lamine Diop, Ya Néné Thiam et Baye Mactar Ka.
