Mamadou Lamine Dianté défend le CDD de 4 ans et promet de renforcer l’Inspection du travail

« Pourquoi cela n’est pas respecté ? C’est la faiblesse de l’administration du travail », a reconnu Mamadou Lamine Dianté au sujet des CDD successifs. Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public défend ainsi l’allongement de la durée maximale du contrat à durée déterminée à quatre ans.

Il s’exprimait mercredi à Saly, lors d’une rencontre stratégique de son département ministériel. Devant ses collaborateurs, il a présenté la réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale comme une évolution destinée à mieux protéger les travailleurs tout en soutenant la compétitivité des entreprises.

Une lecture globale du nouveau Code

La durée du CDD constitue le principal point de controverse. Une partie des syndicats craint que cette disposition n’installe davantage de précarité dans les relations professionnelles.

Pour le ministre, cette inquiétude doit être examinée à la lumière de l’ensemble des dispositions. « Quand on veut faire une lecture cloisonnée des dispositions, on ne va pas s’en sortir. Il faut faire une lecture combinée », a-t-il déclaré.

La réglementation actuellement en vigueur permet un CDD de deux ans, renouvelable une fois. Mamadou Lamine Dianté souligne toutefois que des travailleurs restent déjà sous ce régime pendant une dizaine d’années. Il attribue cette situation au contrôle insuffisant de l’administration plutôt qu’à une défaillance du Code.

Les députés avaient adopté mardi le projet de loi portant Code du travail, avec plusieurs amendements. Le ministre avait alors précisé que la durée maximale du CDD resterait fixée à quatre ans, avec deux renouvellements possibles. Finalement, le parlement a refusé. Ainsi, la durée du CDD n’a pas changé au Sénégal : 2 ans renouvelable une seule fois.

Des pouvoirs renforcés pour contrôler les employeurs

EnQuête+ rapporte que le gouvernement entend répondre au risque de détournement de la mesure par un renforcement des organes de contrôle. Le ministère prévoit d’accroître les pouvoirs de l’administration du travail et de lui fournir des moyens juridiques et matériels supplémentaires.

« Plus l’administration du travail est présente sur le terrain, avec des moyens juridiques renforcés, plus on va aller vers l’application effective de ces dispositions-là », a assuré le ministre.

Les réformes prévoient également que l’administration du travail puisse sanctionner certaines infractions des employeurs sans que les dossiers ne soient transmis au préalable.

À Saly, Mamadou Lamine Dianté a fixé quatre priorités à son département : réformer, contrôler, moderniser et évaluer.

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3 commentaires

  1. Allez Le Ministre ! Cours, Va et Vole ! Pleines de Réussites sous la Protection Permanente de Dieu .

  2. Faites donc un détour par le Royal Saly : la majorité du personnel y est en CDD depuis plus de 29 ans. Vingt-neuf ans d’essai, on n’est jamais trop prudent ! Là-bas, pas le moindre responsable de département titulaire. On préfère l’art du bricolage : des employés ordinaires, intérimaires depuis des années, gèrent des services entiers sans la moindre indemnité ni confirmation. Quant aux syndicalistes un peu trop bavards, le remède est radical : une mutation d’office sous d’autres cieux chez Racine Sy.
    ​Côté productivité, c’est l’optimisation maximale : chaque employé abat le travail de cinq personnes. Avant l’arrivée d’Abass Fall au ministère du Travail, le rythme de croisière culminait à 50 heures par semaine. Ramené à 40 heures, l’hôtel a naturellement refusé de recruter. Résultat ? Ces pauvres travailleurs doivent généreusement « faire don » d’un jour par semaine pour assurer les rotations, à récupérer quand la saison est morte et qu’il ne reste qu’un seul collègue pour faire tourner l’ensemble. L’Inspection du travail de Mbour? Elle est évidemment au courant de ce chef-d’œuvre de gestion humaine, mais elle préfère traîner les pieds — sans doute pour ne pas brusquer une générosité patronale si débordante. Ce n’est plus un hôtel, c’est une vitrine de l’esclavage moderne.
    ​Alors Monsieur le Ministre, de grâce, arrêtez d’insulter notre intelligence. Ce corps d’État des inspecteurs du travail est pourri jusqu’à la moelle. Vous nous annoncez 88 inspecteurs pour couvrir tout le Sénégal ? Parfait : c’est pile le bon nombre pour remplir un bateau fantôme et le laisser filer à la dérive sans jamais accoster.

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