Un débat très suivi dans les milieux diplomatiques se tient ce mardi 9 juin 2026 à Genève autour de la succession d’António Guterres au poste de Secrétaire général de l’ONU. Pour le Sénégal, une question domine : Macky Sall, candidat à cette fonction mondiale, prendra-t-il part à cette rencontre ?
La réponse est oui, mais avec une nuance importante. L’ancien président sénégalais ne figure pas parmi les candidats annoncés comme présents physiquement sur la scène du débat. Selon les organisateurs de l’événement, Macky Sall doit intervenir par vidéo.
Le rendez-vous, intitulé The Geneva Debate #NextUNSG, est organisé par GWL Voices, en collaboration avec la United Nations Foundation. Il se tient à la Maison de la Paix, à Genève, dans l’auditorium Ivan Pictet. Le débat est prévu à 15 heures et doit être modéré par la journaliste Zeinab Badawi.
Les candidates annoncées pour participer directement au débat sont Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ancienne Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, María Fernanda Espinosa, ancienne présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, et Rebeca Grynspan, Secrétaire générale de la CNUCED.
Macky Sall, lui, est mentionné à travers une « intervention vidéo ». Cette précision est importante : elle confirme son association à l’événement, mais évite de laisser croire qu’il débattra physiquement à Genève dans les mêmes conditions que les autres participantes présentes sur place.
L’événement doit permettre aux candidats de présenter leur vision, leur approche du leadership et leurs priorités pour l’ONU. Les échanges porteront aussi sur les grands défis auxquels l’organisation est confrontée : paix et sécurité, développement, droits humains, réforme du multilatéralisme et efficacité de l’institution.
Pour Macky Sall, cette séquence intervient dans une campagne déjà engagée. Sa candidature a été présentée par le Burundi au mois de mars 2026. Dans son document de vision transmis aux États membres, l’ancien chef de l’État sénégalais défend l’idée d’un multilatéralisme à reconstruire, dans un monde marqué par les conflits, la méfiance envers les institutions internationales et le poids de la dette sur les pays en développement.
Son projet s’articule autour de plusieurs axes : restaurer la confiance dans l’ONU, moderniser l’organisation, renforcer son efficacité, préserver la souveraineté des États et replacer la paix, la sécurité, le développement et la prospérité partagée au cœur de l’action multilatérale.
Mais ce débat de Genève est aussi révélateur du rapport de force actuel dans la course à l’ONU. Plusieurs candidatures latino-américaines sont très visibles, avec Michelle Bachelet, Rebeca Grynspan, María Fernanda Espinosa et Rafael Grossi. Macky Sall, seul candidat africain majeur dans la séquence actuelle, cherche à porter une voix centrée sur l’expérience de chef d’État, la réforme du Conseil de sécurité, le financement du développement et la place des pays du Sud.
Le choix du prochain Secrétaire général ne se fera toutefois pas à Genève. La procédure passe par les États membres, puis surtout par le Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un rôle décisif. Le candidat retenu devra ensuite être nommé par l’Assemblée générale.
Le débat de Genève ne désignera donc pas le prochain patron de l’ONU. Mais il offre une vitrine internationale importante aux prétendants. Pour Macky Sall, l’enjeu est clair : même à distance, son intervention vidéo doit lui permettre de rappeler qu’il entend rester dans la course et défendre une candidature africaine dans un moment où l’ONU cherche à restaurer sa crédibilité.

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