Le gouvernement sénégalais a rappelé les règles encadrant les ruptures de contrat dans le secteur parapublic, mais pour le Rassemblement des travailleurs du Sénégal (RTS), ce rappel ne suffit pas. L’organisation syndicale, dans un communiqué publié ce 6 août 2026, réagit à la circulaire n° 002486 du Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô datée du 31 juillet, relative au respect du Code du travail, notamment ses articles L.60 à L.62.
Selon le RTS, plus de 30 000 licenciements dans le parapublic auraient déjà été effectués dans des structures comme la Caisse des dépôts et consignations, le Fongip, La Poste, les Crous, Dakar Dem Dikk, le Grand Théâtre, la Lonase, le Fera, l’ARTP, l’Apix, le Port autonome de Dakar, le Cices et la Sapco. Face à cette situation, le syndicat exige désormais une nouvelle circulaire ordonnant un audit de toutes les ruptures de contrats intervenues depuis 2024, avec pour objectif la réintégration des travailleurs licenciés sans respect des procédures légales. Lorsque la reprise du travail n’est plus possible, l’organisation réclame une indemnisation intégrale et le paiement des arriérés de salaires.
Ce n’est pas la première fois que des tensions sociales éclatent dans des entreprises publiques. EnQuête+ a déjà relaté ces tensions dans ses colonnes. En mai dernier, les syndicats de La Poste avaient dénoncé la direction générale, l’accusant de ne pas avoir relancé l’entreprise malgré les propositions des employés. Plus récemment, fin juillet, la Société nationale des habitations à loyer modéré (SNHLM) a dû réintégrer neuf agents licenciés économiquement, sur recommandation de son conseil d’administration et conformément aux instructions de l’autorité de tutelle.
Le RTS dénonce ce qu’il présente comme une politique de « deux poids, deux mesures » et annonce qu’il restera mobilisé jusqu’à la réintégration du dernier travailleur qu’il considère comme abusivement licencié. Par ailleurs, le syndicat demande l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur les licenciements dans les structures publiques et parapubliques, et souhaite que les députés se saisissent du dossier ASER–AEE Power EPC, un marché d’électrification rurale concernant plusieurs centaines de localités. « Une circulaire pour le respect du Code du travail, c’est bien. Une circulaire pour la réintégration des travailleurs licenciés sans le respect de ce Code, c’est mieux », souligne le RTS.
