Le débat sur les absences enregistrées dans l’administration publique au lendemain du Magal de Touba se poursuit. La Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) appelle à une analyse plus globale de la situation. « Les agents ne sont pas paresseux », Modou Guiro défend les travailleurs après le Magal.
Pour Modou Guiro, secrétaire général de la CNTS, la responsabilité ne doit pas être uniquement imputée aux travailleurs. Selon lui, l’administration doit aussi mieux anticiper ce type de situation.
« Si au niveau du ministère, les clarifications et l’organisation ne sont pas faites, à qui la faute ? », interroge-t-il, rappelant que dans le secteur privé, les procédures sont généralement mieux encadrées : demandes d’autorisation d’absence, congés payés ou non payés, anticipation des périodes de forte mobilisation.
Le responsable syndical reconnaît que les règles existent, mais insiste sur la nécessité de tenir compte des réalités sénégalaises.
« Le Magal de Touba est un événement très important pour beaucoup de Sénégalais. Il fait partie de nos réalités culturelles et il faut en tenir compte », explique-t-il.
Selon lui, la difficulté principale reste liée aux moyens de déplacement. « Si les Sénégalais avaient la possibilité d’aller à Touba et de revenir dans la nuit, tout le monde serait au travail le lendemain », estime-t-il, soulignant les limites du système de transport national.
Il compare la situation avec celle des pays occidentaux où les infrastructures permettent davantage de mobilité. « Au Canada ou à Paris, les transports fonctionnent 24 heures sur 24 avec des trains et des bus disponibles. Chez nous, ce n’est pas encore le cas », dit-il sur la rfm.
Pour le secrétaire général de la CNTS, l’absence de nombreux agents ne traduit pas forcément un manque de volonté de travailler.
« Il ne faut pas penser que les gens sont paresseux ou qu’ils ne veulent pas travailler. Ce sont des croyants, des Sénégalais qui veulent participer à ces événements importants et qui souhaitent ensuite reprendre leur activité », défend-il.
Il appelle donc à prendre en compte les circonstances particulières : « Il faut comprendre qu’il peut y avoir des circonstances atténuantes. Beaucoup auraient voulu revenir, mais n’avaient pas la possibilité de le faire comme ils le souhaitaient. »
