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Lettre ouverte au Président Sall: Cette crise  multidimensionnelle…, Par Serigne Abo BOUSSO

Monsieur le Président, Il est des moments cruciaux de la vie d’une communauté où le silence devient une fuite de ses responsabilités. Je voudrais dans cette tribune ouverte prendre les miennes en vous interpellant respectueusement, mais aussi solennellement sur la marche de notre pays.

Le Sénégal est notre bien commun et il me semble que notre pays traverse une grave crise multidimensionnelle en ce moment, car ayant une triple assise économique, politique et morale.

Nous vivons une grave crise économique car le simple constat de la grande pauvreté qui sévit aussi bien en ville que dans les villages saute aux yeux de tout le monde, surtout aux miens car je suis en constante interaction avec le tissu social du pays comme marabout. Le PSE dont vous avez fait la martingale de votre politique économique est factice et n’a aucun impact sur le vivre de nos compatriotes. Rares sont les Sénégalaises et les Sénégalais capables de vous dire concrètement en quoi le PSE a changé leur pouvoir d’achat. Tout le monde constate à sa propre échelle le niveau stagnant voire régressif de l’économie, de la difficulté de faire des affaires, du manque de liquidité et de financement des projets, du ralentissement grave et sérieux de la circulation monétaire, du chômage massif des jeunes, etc.

Il est évident, Monsieur le Président, que le climat répressif actuel participe beaucoup à la rareté des investisseurs qui ne frappent plus à la porte de notre cher Sénégal. Ne restez pas seulement à l’écoute de votre entourage, interrogez le bas peuple car c’est là que vous pouvez jauger la politique économique que vous êtes en train de mener.

La crise est aussi politique, c’est évident. L’ébullition est la principale caractéristique du paysage politique sous votre régime, avec des arrestations arbitraires en instrumentalisant la justice comme vous l’avez récemment fait avec le maire de Dakar, M. Khalifa SALL. Sans entrer dans le fond du débat juridique et des faits, force est de reconnaître que vous avez commis une grosse erreur et un précédent extrêmement dangereux. Jamais aucun régime au Sénégal n’a emprisonné le maire de la capitale, encore moins autant emprisonné des personnes qui ne sont pas de votre bord politique. Ce faisant, c’est vous-même qui installez le pays dans une crise politique permanente où règne la seule loi, inique au demeurant, du manichéisme « pour ou contre moi » !

J’ajoute à ce climat politique votre activisme législatif très prononcé sur le processus électoral (nouveau fichier, nouvelles cartes d’identité nationale, référendum, etc.). Cela a considérablement assombri le paysage politique et asphyxie toutes les initiatives de bonne volonté pour réunir toute la classe politique autour de l’essentiel. Un désaccord politique, somme toute normale en démocratie, ne doit pas se transformer en désagrément politique.

Monsieur le Président,

La crise que nous vivons aussi est morale, avec une tension vive autour du cordon sanitaire de nos valeurs communes. La particularité du Sénégal et des Sénégalais réside essentiellement dans leur pacifisme et leurs bonnes relations intercommunautaires. Cette qualité a été le fruit de plusieurs siècles de luttes et de compromis. N’en déplaise aux proclamés « Républicains », nos confréries y ont joué un rôle majeur. C’est le marabout qui vous parle ici : sans nos saints hommes de Dieu, le Sénégal, hier comme aujourd’hui, serait à feu et à sang. C’est l’intime conviction de l’écrasante majorité des Sénégalaises et des Sénégalais. En tant que Président de la République, il est de votre devoir d’en tenir compte en associant cette composante majeure dans les décisions d’intérêt supérieur national que vous êtes amené à prendre.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, je vous exhorte dans cette lettre ouverte à revenir à la raison et à changer de cap sur les trois points que je viens de développer. Il n’est jamais trop tard pour bien faire et l’entêtement sectaire n’est jamais bon pour un Chef d’Etat, qui plus est d’un grand pays comme le Sénégal. Le Sénégal vous survivra et le jugement de l’Histoire se fera un jour.

Serigne Abo BOUSSO

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3 commentaires

  • Malik
    24/03/2017 15:57

    Khalay bousso bousso yi amou nio khalat ci rewmi daniou wara luegeyi diamou dui yalla

  • Beug sama rew
    24/03/2017 18:11

    Merci ma cha Allah

  • Faye
    25/03/2017 10:38

    Il a vraiment reson le président des 3 f à perdu la reson jamais vue un homme d’état qui n’a aucun carecter

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