Le Sénégal, pays parmi les plus exposés aux changements climatiques malgré une contribution marginale aux émissions mondiales, vient de lancer un projet clé pour mesurer ses efforts. Le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique a officiellement lancé hier le Cadre de transparence renforcée (CBIT-Sénégal).
Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) avec l’appui du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), ce projet vise à renforcer les capacités nationales en matière de transparence climatique, à améliorer la collecte et la gestion des données, et à accompagner la mise en œuvre de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0), conformément à l’Accord de Paris. EnQuête+ a assisté au lancement officiel.
Madeleine Diouf, directrice du changement climatique au ministère, a expliqué que ce cadre permettra au Sénégal de rendre compte tous les deux ans de ses progrès, contre un rapportage annuel exigé des pays développés. « Cela construit la confiance entre les nations et suit réellement les efforts communs pour maîtriser le réchauffement », a-t-elle souligné.
Dr Boure Diouf, directeur de cabinet du même ministère, a rappelé que les changements climatiques ne sont plus une menace future mais une réalité quotidienne : inondations, érosion côtière, baisse des rendements agricoles affectent déjà des secteurs vitaux comme l’agriculture, l’élevage et la pêche, menaçant la souveraineté alimentaire du pays.
Ce lancement intervient après plusieurs étapes préparatoires. En décembre 2025, un atelier avait mis en évidence des lacunes dans la gestion des données climatiques, notamment l’absence d’unités dédiées dans plusieurs ministères et une dispersion des données (selon une étude d’Adapt’Action). Plus récemment, en juin 2026, le Sénégal validait un plan de financement des risques climatiques et de catastrophes, associant le Commissariat à la Sécurité Alimentaire et la Banque mondiale.
Dr Boure Diouf a indiqué que ce nouveau système doit fournir des données fiables et harmonisées pour évaluer les progrès du Sénégal vers les objectifs de sa CDN 3.0, car « les données climatiques sont devenues un véritable patrimoine stratégique ».
